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sept.

#blogbus – mais qu’est-ce qui fait le succès de la Silicon Valley ?


Au fur et à mesure que nous poursuivons dans le Blogger Bus Tour notre quête pour comprendre l’innovation et la dynamique de création d’entreprise dans la Bay Area, nous accumulons les informations et les témoignages.

La réussite de la Silicon Valley tient certes à la concentration des Venture capitalists (VC est d’ailleurs un mot-clé de la Bay), ces investisseurs tant convoités. Elle tient aussi à l’argent du gouvernement et de la Darpa, moins visible mais présent. Mais, tout autant, elle tient à une culture et à une communauté.

Rebellion Labs

L’explication culturelle donnée par Dominique Piotet, directeur de l’agence Rebellion Lab (connu en France pour avoir été le responsable du bureau de San Francisco de l’Atelier BNP-Paribas et co-auteur de Comment le Web change le monde avec Francis Pisani) vient renforcer tout ce que nous voyons depuis 3 jours dans le Blogger Bus Tour : comprendre la Silicon Valley, c’est comprendre une culture.

Changer le monde

Une culture qui puise ses racines dans le mouvement hippie des années 60, c’est assez connu. On se souvient de Steve Jobs reprochant à Bill Gates de ne pas avoir consommé “d’acide” dans sa jeunesse.

Cette culture qui trouve son prolongement dans le phénomène Burning man, sorte d’utopie festive. Chaque année, 40 000 personnes se retrouvent dans le désert du Nevada pour construire Black Rock City, une ville éphémère qui vit une semaine.

Enfin, une culture porteuse de valeurs qui dynamisent la création d’entreprise. Comme organiser l’information du monde et la rendre universellement accessible et utile. Certes les founders (autre mot-clé de la Valley) ne sont pas contre gagner de l’argent mais leur but est surtout de “changer le monde”. Une opinion partagée par Carlos Diaz, serial entrepreneur Français arrivé à San Francisco il y a 2 ans pour créer Kwarter, service d’interaction des réseaux sociaux en direct à la télévision : “Si vous voulez gagner beaucoup d’argent rapidement il vaut mieux ne pas créer une entreprise. C’est long, difficile et les probabilités d’échouer sont fortes”.

Guillaume Decugis, CEO de Scoopit, qui installe le bureau de San Francisco de sa société toulousaine de 60 personnes ne dit pas autre chose. Comprendre la culture de la Valley, s’intégrer, adopter les codes et se faire connaître des gens qui comptent est indispensable… et long.

Même son de cloche chez Dalton Caldwell, fondateur de App.net, qui a lancé son Twitter-like privé et payant pour pouvoir revenir aux sources de l’outil de micro-blogging libre et gratuit. Une utopie qu’il s’efforce de faire aboutir.

Le réseau ou la mort

Loïc Le Meur, entrepreneur Français converti à la Silicon Valley depuis quelques années (et au kite surf sous le Golden Gate comme il l’explique) ne dit pas autre chose. San Francisco, c’est une culture. On y vénère les créateurs, plus qu’ailleurs aux Etats-Unis, et leur réussite qui profite à tous, avec un retour en impôts et en emplois.

Loic Le Meur

Il insiste aussi, comme tous les autres entrepreneurs rencontrés, sur la puissance du “réseau” et de l’écosystème. La Silicon Valley et San Francisco sont un petit monde et tout y est fait pour soutenir les founders. Des incubateurs les accompagnent, des accélérateurs leur font gagner du temps et les rencontres avec les gens efficaces sont favorisées. Tout cela en lien avec Stanford, fabrique de talents et vivier pour les entreprises locales. Une université qui aide ses étudiants à déposer des brevets et est devenue une spécialiste reconnue du sujet. Google a démarré comme cela, sous la forme d’un projet de recherche à Stanford University en 1995.

Le réseau, une culture, l’argent… Serait-il donc possible de reproduire ce modèle, cette chimie particulière ailleurs pour y créer le succès ?

Ce serait une erreur de vouloir reproduire la Silicon Valley ailleurs. Dans son projet de revitaliser Las Vegas sinistré par la crise, Tony Hsieh, le fondateur de Zappos, le Downtown Project, il a investi 350 M$ : 100 M$ en immobilier, 100 M$ en développement résidentiel, 50 M$ pour le développement des PME, 50 M$ pour l’éducation et 50 M$ en investissement dans des startups.

Investir 350 M$ pour redynamiser une ville c’est cela aussi l’esprit de la Silicon Valley qui veut changer le monde. Quand on vous dit que ce n’est pas l’argent le plus important.

Xavier de Mazenod +

Xavier de Mazenod est consultant-associé de la société Adverbe, spécialiste de la communication d'influence sur le Web. Il est est également le créateur de Zevillage.net, site web d’information et réseau social du télétravail et des nouvelles formes de travail comme le coworking.


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