Après vous avoir raconté nos aventures et nos découvertes au quotidien, il était temps de prendre un peu de recul et d’essayer de faire la synthèse de tout ce que nous avons pu voir. Le voyage était vraiment génial, mais concrètement, qu’est-ce que j’en retire ? Qu’est-ce que je retiens de la Silicon Valley ?
La meilleure façon de faire ce bilan, c’est sans aucun doute de reprendre les questions que nous nous posions initialement et pendant tout le séjour : “Y-a-t-il encore de l’innovation dans la Silicon Valley ?”, “Qu’est-ce qui fait que la Silicon Valley est ce qu’elle est ?”.
Pour commencer, je ne ferai personnellement pas la distinction entre la Silicon Valley à proprement parler et San Francisco. Si l’on est assez objectif, les conditions qui font que les entreprises réussissent sont à peu de choses près les mêmes… (je vais me faire troller par les puristes, mais j’assume de ne pas faire la distinction).
Pour moi, il me semble incontestable que la Silicon Valley continue d’innover et d’agir comme un aimant avec les entreprises qui innovent dans le reste du monde. Les raisons sont très nombreuses et surtout toutes liées les unes aux autres. Comprendre ou reproduire ce qui se passe là-bas, revient à réduire le problème de la Poule et de l’Oeuf… Quels sont donc les composants ?
Une avance sur les tendances
La Silicon Valley permet souvent de percevoir les tendances plus vite qu’ailleurs. Si ça se trouve le prochain Facebook est en train d’être créé par votre voisin de co-working ou par le colocataire d’un de vos amis. En combien de temps l’auriez-vous découvert s’il fallait que le projet soit visible du monde entier en étant couvert par Techcrunch ou Hacker News ?
De l’argent
L’argent ne fait pas tout mais il aide à aller plus vite. Ici lever de l’argent est “facile” si vous avez une bonne équipe (je pense au final que c’est le seul critère).
De très bons profils
On est ici dans le pur exemple de la “poule et l’oeuf”. Il y a une concentration très importante de talents que ce soit des développeurs, des UX designers,… Si vous avez de l’argent et que vous savez y faire, vous aurez de super profils. Et pourquoi sont-ils tous ici ? Parce qu’il y a les produits les plus “hot”, qu’ils seront très bien payés et que tout est fait pour qu’ils soient dans les meilleures conditions de travail (assurance santé, nourriture et boisson à disposition, choix du matériel de travail, horaires souples,…)
Une population d’early adopters
Autre avantage à être dans la Valley, il y a des early adopters et donc vous pourrez trouver vos premiers utilisateurs ou clients. En B2C, les habitants ici ont l’habitude de s’inscrire sur des nouveaux services, la traction peut très vite venir.
Mais c’est également intéressant en B2B. Lorsque nous avions rencontré les entreprises incubées chez Citrix, elles nous expliquaient que dans la Valley les grosses entreprises n’hésitent pas à utiliser des solutions toutes fraiches si cela peut leur apporter un avantage concurrentiel, c’est loin d’être le cas dans beaucoup d’entreprises en France par exemple.
Une infrastructure favorable à l’accompagnement
Je parle ici des universités, des incubateurs, des accélérateurs, des co-workings, des événements qui permettent de faire des rencontres,… Tout cela apporte énormément aux entrepreneurs.
Le réseau
Dernier élément fondamental, la densité de personnes travaillant dans cet écosystème. Il est tellement dense, que quiconque est à 1 ou 2 connexions de la personne dont il a besoin (investisseur, client, associé, employé,…).
En faisant cet inventaire des conditions de succès de la Valley, j’enfonce sans doute quelques portes ouvertes. Mais ce qu’il est important de retenir c’est que s’il manque ne serait-ce qu’un seul de ces éléments, l’attractivité de la place devient moindre. Et pour ceux qui se demandent comment reproduire à plus petite échelle la Silicon Valley dans d’autres villes / pays, il faut bien comprendre que c’est un tout, ce n’est pas que la facilité d’accès aux capitaux ! Alors si on souhaite reproduire le même dynamisme en France, en plus de tous les mouvements qui parlent principalement d’argent, mobilisons-nous aussi pour que les écoles d’ingénieurs orientent plus leurs étudiants vers les métiers du web plutôt que les SSII, que nos bonnes startups restent en France, que le réseau se densifie, et surtout en B2C et en B2B de développer cet esprit “early adopters”…





2 commentaires
Mat
Il y a 7 moiss
Ayant suivi les aventures du blogger bus tour 2012, j’ai beaucoup apprécié cet article qui résume parfaitement cette semaine très riche d’enseignements. Merci Alexandre et merci aux autres blogueurs aussi
edouard
Il y a 6 moiss
bonjour mat,
merci de nous avoir suivi au cours de notre périple californien ! à très bientôt sur le blog live Orange !