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sept.

#blogbus Flipboard, SocialCam, Foursquare, des applications mobiles qui inventent les usages de demain


Nous l’avons vu dans nos précédentes chroniques en direct de la Silicon Valley, les startups “early stage” sont légion dans par ici, et font l’objet de toutes les attentions de la part des incubateurs et des investisseurs.

Mais d’autres entreprises, qui pourraient passer pour des jeunes pousses dans n’importe-quel autre secteur de l’économie, sont déjà devenues des valeurs sûres et presque des “vétérans” alors qu’elles n’ont que deux ou trois ans d’existence.

C’est le cas de Flipboard, SocialCam et Foursquare, que nous avons eu la chance de visiter et dont nous avons pu nous entretenir avec les fondateurs et dirigeants. Retour sur trois success-stories à couper le souffle.

Flipboard, la lecture numérique (ré)inventée

Tous ceux qui ont un iPad (mais maintenant aussi un iPhone ou un terminal Android) et qui sont dévoreurs d’information connaissent Flipboard. Cette application est devenue dès sa création en 2010 un must absolu pour la veille et la consommation d’information. L’idée était simple mais ici c’est la réalisation (ici on dit aussi “l’exécution”) qui a été en grande partie à l’origine du succès foudroyant de Flipboard. Imaginez un magazine que vous fabriquez vous-même à partir de vos sources de lecture favorites sur le web, et que vous feuilletez ensuite comme un vrai journal, avec une présentation superbe, à l’ergonomie et à la fluidité simplement parfaites.

Une application qui dès ses débuts a conquis les possesseurs d’iPad et a révolutionné leur rapport à l’information. Une preuve ? Selon Evan Doll, co-fondateur et co-dirigeant de Flipboard, “25% des contenus lus sur Flipboard le sont par des gens qui ne connaissaient pas le média d’origine avant de le découvrir sur l’application”.

L’histoire est édifiante et montre à quel point les choses vont très vite dans la Silicon Valley. Evan Doll était auparavant ingénieur chez Apple et travaillait sur le développement des interfaces et applications pour l’iPhone. Quand il quitte Apple en 2009, il a une idée en tête : créer une application d’agrégation de médias qui reformate le web en mode magazine afin d’offrir une expérience de lecture améliorée. A l’époque, l’iPad n’existe pas encore et personne ne se doute de la révolution à venir impulsée par l’arrivée de la tablette d’Apple et de la déflagration qu’elle va créer dans le monde de la presse en ligne. Alors qu’il donne des cours de développement d’applications pour iPhone à l’université de Stanford (à deux pas des bureaux de Flipboard), il devient ami avec un de ses élèves, Mike McCue. A eux deux ils passent 6 mois à imaginer ce qui deviendra Flipboard… sur iPhone. Puis arrive l’iPad et ils décident de changer de cible : Flipboard sera une application spécifiquement et exclusivement dédiée à l’iPad. Le lancement officiel a lieu en juin 2010. Le reste appartient déjà à l’histoire : moins d’un an après son lancement, en avril 2011, Flipboard lève 50 millions de dollars auprès d’investisseurs du quartier, comme ça, presque d’un claquement de doigts tant l’application a séduit toute la Vallée, et sa valorisation actuelle dépasse les 200 millions…

flipboard
Chez les startupers on aime beaucoup les goodies

Côté fréquentation, ça ne va pas trop mal non plus puisque l’application compte déjà 20 millions d’utilisateurs dont 1,5 se connectent quotidiennement, alors qu’une nouvelle installation de l’app se fait chaque seconde.

L’avenir se présente donc plutôt bien pour cette startup qui travaille sur le développement de partenariats avec de nombreux sites et médias afin d’offrir une expérience de lecture toujours plus confortable, et également gonfler un peu son porte-monnaie avec accords de diffusion fondés sur le partage de revenus publicitaires et de mise en avant.

SocialCam, le partage de vidéo qui vaut des millions

Drôle d’histoire aussi que celle de SocialCam. Voilà une application pour iPhone et Android qui aurait presque pu ne pas exister. A l’origine imaginée par trois jeunes collaborateurs, dont un français, Guillaume Luccisano, du site de streaming Justin TV, SocialCam est née d’une séparation à l’amiable (spin off) en juillet 2011 de la maison-mère pour voler de ses propres ailes. SocialCam allait alors devenir une sorte d’Instragram de la vidéo : captage et partage facile de petits clips entre amis, ajouts simplifié de filtres et effets, et fonctions habituelles de Like, commentaires et autres suivis, le tout se déroulant à l’intérieur de l’application.

Ici comme avec Flipboard, ce n’était pas tant l’idée que la réalisation qui comptait, car SocialCam n’était pas le seul à se lancer sur le créneau. Mais l’app est tellement simple et fluide à utiliser qu’elle a tout de suite fait un carton (même si sa version Android reste perfectible et souffre encore de quelques lenteurs) et engrange rapidement plusieurs millions d’utilisateurs, notamment quand elle devient gratuite et mise en avant sur l’App Store.

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Dans les bureaux de SocialCam, il y a moins de monde que sur l’application

Un succès qui n’a pas tardé à attirer le regard des investisseurs et des géants du secteur, qui y voient une opportunité (ou un potentiel danger de concurrence) : en juillet 2012, soit un an pile après sa création officielle, SocialCam est rachetée 60 millions de dollars par Autodesk, un éditeur de logiciels spécialisés dans la 3D.

On est comme ça dans la vallée, quand on aime on ne compte pas (les millions de dols)

Foursquare, de la gamification à la plateforme

Qui n’a jamais vu un-e geek collé à l’écran de son smartphone puis s’écriant d’un coup sur un air victorieux “Je suis devenu le maire ici !”. Ca c’est l’effet Foursquare, une application de géolocalisation ludique lancée en mars 2009. L’idée derrière Foursquare ? La gamification, terme anglais un peu barbare que l’on pourrait traduire par “ludification”, à savoir mettre sous la forme d’un jeu une action qui à l’origine n’en n’est pas un. Ici la gamification consiste à créer une compétition entre membres de Foursquare qui se signalent sur un lieu particulier avec leur smartphone, et qui ainsi gagnent des badges de valeur croissante qui va leur permettre de devenir par exemple “maire” virtuel d’une ville.

Une idée de génie : l’esprit de compétition étant inhérent à la nature humaine, même quand il s’agit de récolter seulement des gratifications virtuelles donc sans aucune autre valeur qu’une certaine reconnaissance ou exposition, Foursquare va faire un malheur chez les geeks toujours connectés qui vont s’employer à qui mieux mieux à faire des checkins partout ou ils passent pour laisser leur empreinte et tenter de remporter des badges, et ainsi monter dans la hiérarchie des membres. On doit pouvoir dire sans trop s’avancer qu’aujourd’hui, trois ans après la création de Foursquare, il ne reste pas un lieu dans le monde couvert par un réseau GSM ou WiFi qui ne soit pas signalé sur Foursquare. Résultat : la construction d’une base de données gigantesque et hyper précise et parfaitement renseignée sur les lieux les plus intéressants dans le monde, et une belle base de données d’utilisateurs dont on connait forcément un peu les goûts. D’application ludique et un peu futile, Foursquare est devenu en trois ans une formidable source de données qui permet à ses membres de se retrouver, de partager des bons tuyaux, le tout avec une précision inégalée, via l’application géolocalisée par GPS. Vous êtes dans une ville que vous ne connaissez pas ? Sortez votre smartphone, lancez Foursquare et regardez qui parmi vos amis sont passés par là avant vous et quels lieux ils ont recommandé. Vous y trouverez sûrement votre bonheur. Et vous pourrez même faire des rencontres ou savoir qui est à proximité.

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Un carré bleu chez Foursquare, ça vous étonne ?

Foursquare aussi a trouvé son bonheur : traduite en douze langues, l’application compte aujourd’hui 25 millions de membres et ce ne sont pas moins de 2,5 milliards de checkins qui ont été publiés depuis son lancement. Et comme ici à San Francisco aussi tout finit par des dollars, le bonheur se compte en millions : deux ans après sa création, la startup a levé 50 million de dollars de la part de divers investisseurs et la boîte est aujourd’hui valorisé à quelque 600 millions de dollars.

Ce qui n’empêche nullement Dennis Crowley, son fondateur, de nous recevoir de la façon la plus cool possible, vêtu de son inusable t-shirt bleu et d’un jean trop long qui lui donne définitivement le look de snowboarder dont il fait sa deuxième passion.

Flipboard, SocialCam, Foursquare, trois réussites qui ont plusieurs choses en commun : ce sont des applications mobiles et non pas du web, sociales, et elles ont toutes trois été créées, financées et développées dans la même zone géographique au cours des 36 derniers mois. De quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui sont convaincus que le web est mort et que l’avenir se joue dans les applications… et dans la Silicon Valley.

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Responsable du blog presse-citron


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