Depuis que Facebook a abandonné le HTML5 pour développer son application iOS en langage natif, l’ensemble de la Valley en est convaincue : le HTML5 est mort.
«HTML5 sucks !», nous a même confié Loic Le Meur jeudi soir lors de notre entrevue au Hyatt Regency de San Francisco ! C’est même le sentiment général qui se dégage ici dans la Valley sur l’utilisation d’HTML5 pour du développement mobile.
Il faut dire que l’application iOS précédente de Facebook avait cristallisé tout ce que l’on peut reprocher à HTML5 mobile aujourd’hui: lenteur des chargements, défilement des pages qui sautent etc… Et cela a «ouvert les yeux» à tout le monde : HTML5 ne serait pas prêt pour le mobile.
Mais pour Michael Carter, jeune entrepreneur de la Silicon Valley, le problème ne vient pas d’HTML5 en soit
Carter est le CEO de Game Closure, une startup fondée en janvier 2011 qui édite une plateforme de développement mobile cross-plateformes spécialisée dans les jeux mobiles HTML5.
Très simplement, leur outil permet de développer des jeux Javascript en une seule fois et de les distribuer directement sur iOS, Android et Facebook, sans avoir à se préoccuper du développement natif spécifique à chaque plateforme (Objective-C, Java). Cela permet aux développeurs de jeux mobiles de réduire drastiquement leurs coûts de production, de gagner du temps dans leurs déploiements et de la consistence à travers les plateformes. Particularité notable de Game Closure : côté utilisateur, le rendu se fait en HMTL5.
Le jeune homme – qui aurait selon TechCrunch refusé des offres de rachat aux alentours de 100 millions de dollars de la part de Facebook et Zynga – a levé 12 millions de dollars auprès de Highland C. Partners, Greylock et Benchmark pour Game Closure. Un type sérieux, donc. Culotté, surtout.
Selon lui, le problème décrit par tout le monde dans la Bay Area ne viendrait pas d’HTML5 en soit, mais des navigateurs mobiles qui n’ont pas assez évolué par rapport à leurs contreparties desktop. Et lorsque la personne qui a écrit les spécifications d’HTML5 impliquant la notion de temps réel nous explique cela, on écoute !
Pour prouver ce point de vue plutôt controversé, ce diplômé de Stanford de 27 ans nous a honoré d’une rapide démo d’un jeu mobile HTML5 créé grâce à la technologie Game Closure. Impressionnant : le jeu ressemble trait pour trait à un jeu natif : fluidité, rapidité… tout y est.
Nous n’avons malheureusement pas eu le droit de filmer le jeu en action car la startup est encore en mode « furtif* », et sous contrat de confidentialité avec des éditeurs de jeux qui utilisent déjà leur plateforme. «Nous avons juste le droit de dire que notre technologie touche actuellement plusieurs millions de personnes», glisse Michael Carter. Zynga ? Playfish/EA ? Nous n’aurons pas la réponse.
Il semble donc clair que même si HTML5 n’a pas la faveur de la Valley actuellement, et à raison, la technologie pourrait bien représenter l’avenir du développement d’interfaces mobiles. A condition que l’innovation sur les navigateurs mobiles s’accélère sérieusement.
La question d’HTML5 est un enjeu majeur pour la Valley car celle-ci ne jure désormais plus que par le mobile. «Mobile is where growth is» (la croissance est là où est le mobile) est la rengaine à la mode dans la Silicon Valley.
Cependant les développeurs mobiles rencontrent aujourd’hui des problématiques liées à la fragmentation du marché des terminaux mobiles. Entre iOS, les différentes versions d’Android, Windows Phone et les navigateurs mobiles, toucher l’ensemble de ses cibles tout en maintenant un certain niveau de qualité est couteux et complexe. Rajoutez à cela la difficulté énorme de recruter des talents de la Valley, et vous avez un cocktail explosif auquel une solution doit être trouvée.
HTML5, qui fonctionne pour sa part sur tous les terminaux mobiles, semble donc être la solution rêvée à ce problème, d’où le choix de Facebook il y a deux ans…
Mais Game Closure prends les paris : vous allez aimer leurs jeux HTML5, ou peut-être les aimez-vous déjà sans même le savoir. Et cela vaudrait mieux pour Carter, qui lui, aurait parié 100 millions de dollars sur le sujet… !
* « Furtif » : Dit stealth en anglais, mot communément utilisé dans le monde des startups pour décrire une startup qui ne dévoile pas encore ce qu’elle fait au public






Aucun commentaire