Dans la Silicon Valley, la valeur n’attend pas le nombre des années. On pourrait même dire que c’est l’inverse : plus une entreprise est jeune et plus elle a de chances d’attirer l’attention des investisseurs.
L’objet de notre immersion de quelques jours au sein de la Matrice, ici entre San Francisco et San Jose, est justement de voir de l’intérieur ce qui fait de cette vallée un lieu si particulier. Et pour cela, rien de tel que de rencontrer des jeunes pousses qui sont encore au biberon, voire, pour certaines, qui sont à peine en phase de création. Et parmi elles, qui sait si nous pas déjà croisé le nouveau Steve Zuckerberg, ou le futur Mark Jobs ? Hein, qui sait ?
Dans ce chaos organisé (comprendre : cette fourmilière hyperactive), nos hôtes ont sélectionné quelques pépites brutes que avons pu rencontrer et passer à la question. Revue de web.
MovieNow, ou le Yield Management appliqué aux places de cinéma
Une idée étonnante, du genre de celles qui ne pourraient pas germer du cerveau de monsieur tout le monde, mais qui pourrait se révéler très puissante. Partant du constat que certaines salles de cinéma ont parfois du mal à faire le plein sur tout le cycle de vie d’un film, l’objectif serait de proposer aux exploitants un système d’ajustement de l’offre à la demande en modulant le tarif des places. Une pratique courante en hôtellerie ou dans le transport aérien qui part du principe suivant : puisqu’une place est un service qui ne peut pas se stocker et qu’une place non occupée est de toute façon perdue, autant baisser les prix au niveau de la demande, quitte à les casser au dernier moment.
C’est donc ce que propose MovieNow, un service rendu possible et particulièrement pertinent à l’heure du SoLoMo (Social, Local, Mobile), avec évidemment toutes les fonctions que l’on peut associer à ce type d’application, comme la recherche de bons deals de places géolocalisés à proximité du lieu où l’on se trouve, des enchères, et du partage. Une très bonne idée, donc, reste à savoir si le plus dur ne sera pas de convaincre les exploitants et les réseaux de distribution, même si on leur explique que c’est dans leur intérêt.
Sense.ly, la télé-médecine passe enfin à la télé
Certains analystes et observateurs prédisent un très bel avenir à tous les services qui concernent la santé de la personne : web, applications mobiles, appareils connectés, capteurs. Une porte-parole d’Adobe nous confirmait à ce sujet le nombre croissant de startups bio-tech qui poussaient dans la région de San Jose. Nous avons assisté chez Orange Silicon Valley à la démonstration de Sense.ly, un service de télé-médecine d’un nouveau genre, qui tire parti des nouveaux dispositifs de détection de mouvement et de réalité augmentée. Développé autour du fameux Kinect de Microsoft (qui ne cesse de démontrer la diversité de ses usages), Sense.ly permet à un médecin “virtuel”, à savoir un avatar 3D, de dialoguer avec un patient à son domicile. A l’aide d’un dispositif alliant questions pré-programmées, détection de mouvement et capteurs (cardiaque par exemple), le toubib de synthèse peut établir un premier diagnostic et orienter le patient vers le meilleur service. Il ne s’agit pas là de remplacer une vraie consultation, mais d’éliminer ou simplifier la première étape souvent fastidieuse et chronophage de diagnostic.
Un exemple concret : vous avez mal à un bras, vous vous placez devant votre téléviseur équipé de Kinect, et le Docteur Sense.ly va vous demander de faire certains mouvements. En fonction de l’amplitude et de la vitesse des mouvements que détecte le dispositif, il pourra vous indiquer si c’est juste une petite crampe ou s’il est temps de rejoindre un service spécialisé. Bien sûr tout cela n’est encore qu’à l’état de prototype et il y a certainement un long chemin à parcourir pour que ce type d’application soit réellement fiable, précise, et adoptée par le grand public, mais le projet Sense.ly montre incontestablement une voie à explorer.
Swoop, le partage de vidéos multi-écrans et multi-plateformes
Imaginez : vous êtes devant votre téléviseur en train de regarder le dernier clip de Lady Gaga et il déchire tellement qu’il vous prend une envie soudaine et irrépressible de le faire connaître à vos amis, votre famille, bref à votre monde. Vous prenez votre smartphone, vous choisissez les destinataires, et hop d’un glissement du doigt sur l’écran vous envoyez le fameux clip sur n’importe-quel terminal : TV, tablette ou smartphone.
C’est en substance le projet un peu fou présenté par Swoop, également chez Orange. Même si ce que je décris en introduction n’est pas encore possible, ce sera probablement réalisable dans quelque temps à l’aide de cette application. L’idée ici est de permettre le partage instantané de vidéos entre plusieurs supports et plusieurs plateformes : d’un téléviseur à un smartphone, d’une tablette vers un téléviseur, d’un smartphone vers une tablette et bien sûr d’un téléviseur vers un ou plusieurs téléviseurs, et ce quelque soit la marque et le système d’exploitation. Swoop propose également d’autres fonctionnalités, comme la découverte sociale (recommandation de contenus) ou encore la possibilité de savoir à tout moment quelles vidéos sont en cours de visionnage et avec qui elles ont été partagées. Si ses créateurs arrivent à leurs fins, ce qui ne se fera pas sans quelques difficultés – techniques mais aussi d’ordre légal concernant les droits – ce truc pourrait bien devenir une killer feature de la télé connectée (Smart TV).
D’autres nouvelles de la Vallée demain, ne vous éloignez pas trop du poste (et du post) !







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