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sept.

à la découverte de Causes #blogbus


Nous voici au siège de Causes, start-up de six ans implantée dans la Silicon Valley. Chris Chan, l’un des fondateurs, nous a d’abord accompagnés pour un tour des locaux. Il nous parle maintenant de la culture d’entraide qui règne dans la Silicon Valley. Pour lui, la gentillesse de parfaits étrangers est le secret du succès de la Silicon Valley.

Chan a été élevé dans la Bay area et a fréquenté l’université de Stanford. Il dit qu’il aurait toujours aimé vivre dans une autre ville, mais que c’est bien ici que se trouve la technologie.

Chan parcourt ensuite l’historique de la société. En 2004, l’un des fondateurs, Joe Green, vivait dans une région très conservatrice de l’Arizona. Il a notamment appris à ce moment-là comment organiser des réunions politiques à domicile. Le bouche à oreille est crucial pour influencer les opinions politiques et le vote. Sous Georges Bush, à la suite d’une campagne difficile, et finalement perdue pour les libéraux, Joe a évoqué avec son colocataire (en fait Mark Zuckerberg), la possibilité d’un réseau social dédié à une organisation politique. Ces idées ont été à l’origine d’« e-assembly ». Chan a rejoint l’équipe alors qu’il était toujours à l’université parce que la démarche lui semblait intéressante. En réalité, le réseau n’a pas fonctionné par ce qu’il n’avait pas l’attrait d’une consommation de masse. Cela a toutefois constitué un bon apprentissage.

Causes Meeting

Chan a ensuite envisagé de rejoindre Google pour améliorer l’expérience utilisateur, entre autres celle de la messagerie et des documents. Mais trois semaines avant de démarrer, il a reçu un appel de Joe Green pour réfléchir à ce qu’ils pourraient de nouveau faire ensemble. Or, il se trouvait précisément que Sean Parker venait de quitter Facebook. Par ailleurs, tous voulaient poursuivre leur idée d’aider les communautés à subvenir à leurs besoins politiques et sociaux. A l’issue d’une réunion entre les deux hommes, Causes a vu le jour en tant que moyen pour soutenir une campagne.

Cependant, le réseau social était insuffisant. Un million de membres ne suffisaient pas. Il fallait que le concept reflète ce que les gens voulaient donner à la cause méritant leur soutien. En d’autres termes, il fallait que la mesure de la valeur de la contribution d’un membre à une action soit comparable à la levée de fonds pour une œuvre charitable ou aux dons classiques en faveur d’une cause.

La société a terminé le site en mars 2007. En mai 2007, elle avait 200 membres Beta, et elle cherchait des partenaires commerciaux pour les associer. Au même moment, les encadrés de profils Facebook émergeaient. Une opportunité existait alors d’apparaître comme faisant partie de Facebook. La société s’est donc adaptée au style visuel de Facebook de façon à pouvoir en partager l’expérience. C’était le bon choix. Dès le premier jour, elle avait déjà plus de 10 000 nouveaux membres. En tant qu’ingénieur, il s’agissait d’un formidable défi pour Chan.

Toutefois, en faisant le point, ils ont vite compris que l’avenir du réseau ne serait pas celui d’un réseau social privé, mais qu’il se bâtirait au contraire à partir de Facebook. La société a donc mis en place sur Facebook des outils pour contribuer à gérer les causes. La question qu’elle a alors eue à prendre à bras le corps a été de savoir comment transformer les millions d’utilisateurs en dollars au bénéfice des œuvres de charité. Tech media a commencé à critiquer Causes, les poussant à trouver des réponses. L’idée qui est sortie de ce travail est celle des cadeaux d’anniversaire permettant à des personnes de réaliser des dons au bénéfice des œuvres caritatives.

Le défi est qu’il devient plus difficile d’obtenir des gens qu’ils donnent beaucoup. 300 milliards de dollars sont versés chaque année aux États-Unis sous forme de dons aux œuvres caritatives. La différence d’ordre de grandeur montrait clairement que Causes n’obtenait pas l’impact recherché. Il y a un an, Sean Parker a voulu revenir à ses principes initiaux. Outre la levée de fonds, il fallait à nouveau trouver des moyens de faciliter l’action pratique dans le soutien à une cause. Les engagements personnels, les promesses, les pétitions et d’autres changements de comportement, complémentaires du don à une œuvre caritative, ont été examinés, mais en se tournant vraiment vers la communauté, et en se concentrant sur le soutien à des actions entre membres d’une même communauté. Ainsi, la décision a été prise en août de retirer leur organisation de Facebook, et d’héberger la communauté sur causes.com, tout en puisant encore dans la communauté Facebook.

En effet, une grande partie de leur trafic provient malgré tout de Facebook. La décision stratégique qui a été prise, il y a environ trois mois, prend simplement en compte le fait que les causes nécessitant une action ont une dynamique essentiellement de type viral. Obtenir un effet de levier amplifiant les liens sociaux est même la raison qui lui conserve sa capacité à se propager.

La relation qu’entretient maintenant Causes avec Facebook est bonne, mais cela est le résultat d’un effort méritoire de la part de Causes pour qu’il en soit ainsi. Ses représentants doivent encore fréquenter les soirées mondaines, résoudre de nouveaux défauts d’ingénierie, et se concentrer sur l’accroissement de la communauté. Il y a donc une volonté d’attirer l’attention, d’accroître la communauté et de se concentrer sur le profil. Cela évoluera bientôt vers une stratégie de fidélisation, afin de changer le mode de fonctionnement de Causes.

Chan a réagi à la question de savoir ce qui permet à Causes d’exister. Il nous explique que les débuts de la Silicon Valley étaient dominés par l’importance de l’accès au silicium et par le développement des matériels. Maintenant, il s’agit de mettre les gens en relation – c’est le capital humain qui compte.

Chan évoque le fait de se trouver dans un lieu très construit, avec beaucoup de monde, chacun se battant pour son espace, sans frontières bien délimitées. Cela change la mentalité d’une ville et la manière dont les gens se comportent les uns envers les autres. Il nous dit aussi que la prédominance de la finance et de la banque constituent une culture à part. Cela rend l’implantation de sociétés semblables à Causes difficile dans des villes comme New York ou Hong Kong.

Le désir d’apprendre et l’ouverture à de nouvelles idées sont essentiels pour produire dans la région de San Francisco la culture indispensable à l’innovation.

Chan évoque la différence entre San Francisco et Mountain View, qui est affaire de centres d’intérêt. Dans une société telle que Google à Mountain View, vous pouvez vous concentrez sur une chose à la fois et vous sentir à l’aise. Tandis qu’ici, à San Francisco, il y a beaucoup plus à faire, plus d’endroits à visiter.

Dans cette région, précise Chan, l’innovation se fait de bas en haut. Quelques-unes des innovations les plus remarquables se sont réalisées de cette manière. Toutes les six semaines, Causes tient un hackathon pour favoriser l’émergence d’idées pouvant contribuer au cœur de métier de la société ou au développement de la fonctionnalité de la plateforme. Là où une approche descendante nécessite des documents avec des spécifications et des processus de conception, ce qui prend des semaines, une approche de bas en haut comme un hackathon permet l’élaboration d’un outil de cartographie d’influence de A à Z en douze heures – et cela a effectivement été réalisé.

Avec la croissance de Causes, Chan constate qu’une étude de la croissance d’autres sociétés à succès sera nécessaire, notamment celles qui ont eu besoin d’ajuster le nombre de leurs employés pour préserver leur culture d’entreprise. L’épanouissement personnel et l’atteinte des objectifs professionnels devraient être une seule et même chose – cela fait probablement de Causes un cas unique qui s’explique en partie par la nature de Causes en tant qu’organisation.

Chan indique également que la société s’efforce encore de faire passer le message – pour améliorer son activité marketing.

L’avenir de Causes est de s’implanter là où se joue la démocratie. Les responsables politiques ne répondent pas au peuple, les gens se sentent privés de leurs droits. À la suite du jugement concernant Citizens United, les entreprises ont maintenant le droit de faire des dons aussi importants qu’elles le souhaitent sans aucune transparence. En conséquence, des équipes très conséquentes ont été montées dans l’ombre aux États-Unis, contribuant en milliards de dollars aux campagnes politiques. Il est de ce fait de plus en plus dur pour les gens d’avoir un public et une plateforme pouvant soutenir Causes.

Le plus grand défi pour Causes consiste à traduire les relations en ligne par des actions dans la vie réelle. Dans les six prochains mois, Causes mettra en œuvre un plan pour exploiter la capacité virale de la plateforme. En l’espace de huit semaines, la société a bâti une communauté passant de trois à huit millions. Toutefois, il existe actuellement un important parasitage où se mêlent les questions personnelles et les questions générales d’ordre bien plus important. C’est la raison pour laquelle Causes va choisir huit causes majeures pour lesquelles la société sera en partenariat avec des organisations sans but lucratif afin d’apporter un changement majeur – action collective, politique, et levée de fonds. Les partenaires trouveront leur place et publieront du contenu sur la plateforme. Causes apportera aux partenaires un public de sympathisants.

Le modèle économique de Causes est basé sur des donations entrant dans le champ de la responsabilité sociétale des entreprises. Il s’agit d’un mouvement considérable qui nécessite un développement sur la durée. L’avenir se situe dans une meilleure compréhension des choix possibles.

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