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sept.

Conférence Convergences 2015 : les médias peuvent-ils changer le monde ?


Les médias peuvent-ils changer le monde ? C’était le thème de la conférence du forum mondial Convergences 2015 qui a pour objectif de développer de nouveaux partenariats entre acteurs publics, privés et solidaires pour lutter contre la pauvreté et la précarité dans le monde (pour en savoir plus sur cet événement, rendez-vous sur orange.com).

Cette grande question qui est d’actualité, n’a pas trouvé sa réponse mercredi soir au Palais Brongniart. Les intervenants ont plutôt abordé de la question du positivisme dans les médias. Voici ce que j’en ai retenu.

convergences 2015 conference

les intervenants de la conférence Convergences 2015

Le public trouve les médias trop négatifs, tristes, pessimistes et cyniques.

Didier Pourquery, Directeur adjoint des rédactions au Monde, dresse ce constat et travaille depuis plusieurs années pour valoriser le travail des journalistes qui tentent de mettre en avant des initiatives positives « qui foutent la pêche et donnent l’énergie » appuie-t-il. D’autant plus que ce travail journalistique est difficile car les informations positives sont difficiles à trouver, elles ne font pas la Une des journaux. Le travail d’investigation est long, il faut aller chercher les informations au niveau local, ce qui implique de trouver des sources et surtout d’en valider l’exactitude. Mais cela en vaut la peine car cela aide à créer de vraies relations avec le lecteur qui se sent proche de ces histoires.

Selon Didier Pourquery, il est donc du rôle des grands médias de pousser ces informations positives au plus haut niveau et ne pas les laisser dans l’anonymat de la multitude des blogs qui foisonnent sur internet. Il nous a donné pour exemple la première fête de la bidouille, l’Open Bidouille Camp relayé par le blog Même pas mal sur la plateforme de blogs du Monde. Un événement positif, basé sur le partage entre communautés, les échanges, le savoir-faire et l’entraide, qui mériterait plus d’échos.

Mais pour que cela intéresse le lecteur, qu’il y croie et qu’il sorte de la défiance grandissante envers les médias, il est nécessaire de valider l’information, de montrer concrètement pourquoi ça marche et donc d’apporter la preuve que ce que l’on rapporte est vérifié. Le rôle des médias n’est pas de donner des leçons et de dire ce qui est bien, mais d’analyser, de témoigner, d’expliquer. Alors le lecteur aura- peut-être – envie de s’engager plus en profondeur et pourquoi pas d’agir à son tour.

Newspaper as activist ?

C’est la question qu’a posée Rahul Kansal Président Exécutif de Bennett, Coleman and Co. Ltd., (groupe Times). C’était l’intervention la plus intéressante et la plus pertinente de la soirée. Pour lui, les journaux doivent créer du lien avec le lecteur, ne pas juste relayer des news mais être des militants et mobiliser l’opinion.  Il nous a présenté des actions concrètes menées par le journal The Times of India pour essayer de faire changer les choses et engager le lecteur dans l’action comme par exemple avec le programme Lead India.

Il a été créé en 2007 à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Inde d’après le constat que les jeunes n’avaient pas confiance en leurs représentants politiques. Le message du Times of India était de dire à ses jeunes lecteurs « stop complaining, stand up and do something ! » soit en français : « arrêtez de vous plaindre, levez-vous et faites quelque chose ! ». Un message fort et osé ayant pour objectif de sortir de la fatalité et de la passivité, d’amener les jeunes à s’engager concrètement en politique pour que leur voix soit entendue et représentée. Une campagne multimédia (presse, affichage, TV, internet…) de grande envergure a ainsi été déployée au niveau national pour trouver le futur leader du pays. A travers cette action, le journal a réussi le pari de créer l’engouement démocratique souhaité : plus d’un milliard de personnes a participé à la campagne, 37 000 candidats ont postulé pour devenir le leader recherché, le spot TV a totalisé plus de 870 000 vues sur Youtube et surtout, les Indiens ont voté massivement (plus de 440 000 votes uniques) par SMS pour élire leur représentant concourant dans une émission de télévision consacrée à l’opération. La campagne a également remporté plusieurs prix dont le Grand Prix du festival international publicitaire à Cannes en 2008.

Rahul Kansal  a confirmé sa démonstration avec l’opération Love Pakistan. Connaissant les tensions entre les deux pays frontaliers, cette initiative est pour le moins surprenante. Elle part de l’envie simple de rappeler qu’au-delà des frontières, ce sont des gens qui vivent de l’autre côté des barbelés, des personnes pas si différentes, pour transmettre un message de paix et tenter de rapprocher les deux pays. Cette idée a été diffusée via 26 concerts, 120 000 messages d’amour ou encore des échanges scolaires. Au Pakistan, le désir de paix est ainsi passé de 59 à 74% après l’opération. Alors on peut comprendre que pour Rahul Kansal, les journaux ont un vrai rôle à jouer dans la vie de leurs lecteurs.

Et vous chers lecteurs, êtes-vous réceptifs aux messages des médias ? Vous êtes-vous déjà engagé dans une action grâce à la diffusion d’une opération dans un média ? N’hésitez pas à partager vos commentaires ci-dessous !

céline louis

responsable éditorial

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responsable éditorial du blog live Orange, passionnée de web, de musique et de photo


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