Ereintée par ma première journée de Women’s Forum, j’ai démarré la matinée par un tour sur l’espace Discovery du Women’s Forum qui abrite les stands des marques. Comme Orange propose des sessions de coaching numérique avec Alexandra Operto, les marques rivalisent de créativité pour nous proposer des services pour nous détendre entre deux plénières.
J’ai commencé par un massage Amma sur le stand Renault-Nissan. C’était ma première expérience de ce type de massage : quinze minutes d’extase, je suis repartie délassée, sur un nuage aussi moelleux qu’un coussin d’airbag Renault ;)
Requinquée, j’ai enfoncé le clou avec un café au stand Nespresso. L’énergie vivifiante de la caféïne coulait désormais dans mes veines, j’étais officiellement énergisée !
Je me suis alors rendue sur le stand Sephora pour accentuer ma bonne mine retrouvée. Après une manucure rouge assortie à ma tenue du jour réalisée par Karen, j’ai pris place devant le miroir de Lio pour me faire faire une beauté, mais en gardant un look naturel
Résultat en image ci-dessous, pas mal non ?!
Les batteries remontées à bloc, j’ai quitté l’espace Discovery pour me rendre à ma première conférence de la journée qui traitait de cette question essentielle actuellement : If we stop growing that is mean we are failing ? J’avais déjà obtenu des éléments de réponses via les interviews d’intervenantes que j’ai réalisées avant l’événement, qu’en est-il des réponses des speakers de la journée ?
Je n’ai pas trouvé de réponse concrète parmi les réponses des intervenants du jour. Tous se rejoignent sur le fait que la crise économique actuelle démontre que notre système économique ne fonctionne plus, qu’il faut trouver des solutions alternatives. Ils sont d’accord sur le fait que nous ne pouvons pas continuer à utiliser les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables. Ils s’entendent sur le fait qu’il faut repenser notre système globalement et mondialement pour réduire les inégalités entre les régions du monde et permettre une meilleure redistribution des richesses vers les peuples.
Mais sur la décroissance, peu d’engagement et pas de réelle réponse mis à part la parole de François Schneider, chercheur en écologie, à l’origine du concept de « décroissance soutenable ». Fervent défenseur de la décroissance, il avance qu’elle est un bien nécessaire pour arriver à une économie plus équilibrée, centrée sur les relations entre les hommes et les femmes, sur la disponibilité des ressources, sur un mode de production plus juste. Mais cette question de la décroissance semble encore tabou et difficile à envisager tant pour les économistes que pour l’audience de la salle qui a paru peu réceptive à ce concept. Comme si le mot « décroissance » faisait peur.
Juliet Schor, Professeur de sociologie au Boston College confirme que les gens sont tombés dans ce processus de peur de la décroissance et que cette obsession économique de croissance à tout prix leur est devenue naturelle. Elle ajoute qu’au-delà de la question de la nécessité de revoir notre modèle basé sur la croissance, il faut cesser de croire que l’Homme est naturellement matérialiste. En fait, ce qui importe à tous est la qualité de vie, la possibilité de prendre le temps, la santé personnelle et celle de la planète. Ce qui importe finalement est de donner un sens à sa vie. Le secteur financier nous a mené à la crise actuelle car nous lui avons donné le contrôle total, contrôle qu’il faut désormais reprendre.
Cette question du temps était justement au centre de la conférence « The impact of new technologies on our relationship with time » avec Christine Albanel, Delphine Ernotte-Cunci et Fleur Pellerin.
Delphine Ernotte-Cunci, directrice d’Orange France, est revenue sur le projet « le collectif du temps » que nous avions présenté il y a peu de temps dans un article à relire ici. Ce projet est articulé sur trois questions essentielles :
- Le temps d’un point de vue philosophique voire métaphysique : qu’est-ce que le temps ?
- Comment Orange, en tant qu’opérateur de télécom, peut aider ses clients à reprendre le contrôle et maîtriser leur temps en proposant des services et des applications utiles. Elle donne comme exemple pratique la possibilité de déconnecter sa Livebox à distance pour sécuriser et maîtriser l’accès à internet à ses enfants pendant votre absence.
- Comment Orange, en tant qu’entreprise ayant vécu une crise sociale importante, s’engage pour aider ses managers à mieux gérer leur temps pour retrouver plus de lien et proximité avec leurs collaborateurs.
Comme hier lors de la session Mazar sur la Génération Y, Delphine Ernotte-Cunci a confirmé la nécessité de trouver l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Et alors qu’elle proposait à ses collaborateurs de ne pas consulter leurs mails après 20h, elle a été surprise de constater qu’ils ne le souhaitaient pas. Car ils souhaitent gérer leur temps librement. Par exemple certains ont besoin de chercher leurs enfants à la sortie de l’école et souhaitent pouvoir partir tôt puis consulter tranquillement leurs mails une fois les enfants couchés. Il appartient donc à chacun de trouver son équilibre.
Quant à Fleur Pellerin, notre Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique, je vous propose de l’écouter directement puisqu’elle a accepté de nous accorder une interview exclusive après cette séance. Interview !
interview de Fleur Pellerin – corner Orange -… par liveorange
Christine Albanel, Directrice exécutive, Événements, Partenariats Culturels et Institutionnels et Solidarité du groupe Orange, a également accepté de m’accorder une interview. Je l’ai interrogée sur sa carrière professionnelle, sa détermination à réussir, l’engagement d’Orange pour le développement de l’éducation des filles dans le monde et notre question bonus : est-ce qu’elle arrive à déconnecter ? Réponse dans l’interview ci-dessous !
interview Christine Albanel – Women’s Forum 2012 par liveorange
Dernière plénière de la journée avec Stéphane Richard qui intervenait sur la conférence CEO Champions : The power of business coalitions for moving the needle.
Coca-Cola, Orange et Sodexho font partie du groupe des CEO Champions lancé par le Women’s Forum en 2010 et composé de PDG exclusivement. Leur objectif : accélérer l’équité dans les entreprises et s’engager pour l’accession des femmes aux postes à responsabilité.
Dominique Reiniche, PDG Europe du groupe Coca-Cola donne le ton d’emblée : « nous sommes encore très loin de l’objectif du fifty/fifty ! ». L’entreprise a fait des progrès sur le sujet mais il y a encore beaucoup de chemin à faire ; mais Dominique Reiniche semble déterminée à atteindre son objectif et vite. Coca-Cola a donc mis en place un réseau de femmes et plusieurs programmes de formation qui permettent aussi de déceler de nouveaux talents, qui pourront bénéficier d’un mentor dans le groupe.
Du côté de chez Sodexo, Michel Landel son PDG, annonce fièrement un taux de 38% de femmes dans son conseil d’administration et 25% dans son comité de direction ce qui correspond à l’atteinte de l’objectif que l’entreprise s’est fixé il y a 8 ans. Cette année, Sodexho a aussi recruté plus de 5% de femmes. Michel Landel se dit fier mais ne peut pas se contenter de ces chiffres alors que les femmes représentent plus de la moitié de la population. « N’avoir que 23% de femmes cadres de l’entreprise n’est pas acceptable », il faut progresser, rapidement. Mais il avoue qu’il est difficile de convaincre les gens et il n’est de ce fait pas contre les quotas dans certains cas pour permettre d’apporter la preuve de ce qu’il croit : les femmes sont aussi compétentes que les hommes.
Du côté de chez France Télécom – Orange, Stéphane Richard annonce que 36% des salariés du groupe sont des femmes, un tiers des membres du conseil d’administration sont des femmes mais seulement deux femmes font partie du comité exécutif « mais ce sont deux femmes remarquables » ajoute-t-il avec humour. Orange compte aussi 4 PDG dans des pays difficiles comme l’Irak, la Moldavie, le Niger et le Botswana.
Il y a donc encore des progrès à faire et Stéphane Richard compte aussi sur les femmes pour progresser car parfois, force est de constater que les réticences viennent des femmes elles-mêmes. Le groupe France Télécom – Orange en tant que grande entreprise mondiale, a un rôle à jouer pour combattre les stéréotypes. Stéphane Richard regrette ainsi de ne pas constater plus de femmes dans les filières techniques ou dans les profils d’ingénieurs alors que ce sont des secteurs porteurs dans le groupe. Il nous précise ainsi en anecdote que 48% des hommes se disent ambitieux alors que ce chiffre n’est que de 35% du côté des femmes. L’enjeu est donc ici encore l’éducation des filles, un thème au cœur de la stratégie du groupe comme nous le précisait justement Christine Albanel dans l’interview ci-dessus.
Conclusion : les choses progressent, on avance mais il est essentiel pour ces entreprises puissantes de se fixer des objectifs ambitieux, de les annoncer en toute transparence et de se donner les moyens d’y arriver.
Quelle incroyable journée encore, faite de rencontres, de réflexions, de portraits de femmes hors du commun. Vivement la suite !












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