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avril

#FABFEST Pierre Huyghebaert : c’est de l’imperfection que naît la création


visuel_affiche_fabfest

l'affiche du FABFEST


Le FABFEST a fermé ses portes mardi soir, après nous avoir offert 4 jours de créativité intense. L’exposition, les débats et les masterclass ne sont plus consultables, reste l’affiche et le site internet du festival. Pour mieux les comprendre, nous avons rencontré Pierre Huyghebart, le co-créateur graphique avec Harrisson de ces deux médias. Il nous y parle open source, licence libre, création graphique, HTML5 et CSS, le tout avec un regard très métaphysique de l’art graphique.

Bonjour Pierre, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis créateur graphique au studio Speculoos basé à Bruxelles. Je m’intéresse de plus en plus aux pratiques numériques et aux outils, particulièrement aux logiciels libres. Je fais partie du collectif Open Source Publishing qui expérimente la création graphique print avec des outils libres entre autres. On a décidé de faire ce « vœux de chasteté » un peu étrange pour voir ce que cela allait changer dans notre rapport à la création, aux clients, au monde.

On parle d’open source là ?

On parle plus précisément de licence libre dans la mesure où toute une série de logiciels open source s’est laissée colonisée par l’Industrie graphique. L’enjeu principal est l’accès et la redistribution libre. C’est un écosystème plus complet que l’open source qui en est une brique importante. Par exemple, Androïd, le système d’exploitation de Google est en open source mais participe très difficilement à un écosystème plus complet ouvert à différents créateurs de logiciels. On voit très peu de créations complètement libres sur Androïd. Même si Androïd a évidemment plein de qualités !

A contrario, pouvez-vous nous donner un exemple de produit ayant été développé en licence libre ?

Wikipedia qui compte des millions de contributeurs pour donner accès à un système de connaissance complet. Sinon, dans le domaine peu connu de la création graphique, on a Gimp ou Inkscape qui est un logiciel équivalent à Illustrator très intéressant dans la variété d’outils qu’il propose pour le dessin vectoriel. Il est très facile à installer et surtout il pose plein de questions. Et justement, c’est souvent le point de vue du doute et de la question qui en tant que créateurs nous intéresse. On y trouve des points d’accroche qui questionnent nos créations et qui de ce fait amènent quelque chose de neuf, qui permet de se projeter dans le futur.

On ne se considère cependant pas comme militants, notre expérience n’est pas exemplaire. Par exemple nous avons créé l’affiche du FABFEST en partie avec des outils standards Adobe et en partie avec des outils libres.

Plus que du militantisme, c’est une philosophie de vie ?

Une philosophie, c’est peut-être un peu large. On a hérité d’un certain nombre de courants de pensée et on s’est interrogé sur les questions de pouvoir et de consommation. On s’est posé la question de l’autonomie qu’on avait encore en tant que créateur par rapport aux outils habituellement imposés. On a la chance maintenant d’avoir à disposition des outils libres qui nous donnent plus de liberté et de possibilités de création.

Ces outils sont-ils au niveau des logiciels réputés de l’industrie ?

Pas en terme d’efficacité, ils sont très problématiques. Je ne suis pas du tout un militant avec des oeillères, on fait beaucoup de remontées et de critiques pour participer à l’amélioration et à l’évolution du libre. Utiliser le libre demande un effort, de l’adaptation. Mais cela en vaut vraiment la peine car le gain en doute, en hésitation et en toute une série de choses qui font que la création naît parce qu’on est dans un endroit inconfortable, là il est réel.

C’est de l’imperfection que naît la création, je crois que c’est essentiel.

Screenshot_fabfest

screenshot du site internet www.fabfest.fr

Comment avez-vous travaillé pour l’affiche du FABFEST ?

On a intensivement travaillé avec un créateur qui s’appelle Harrisson pour développer un esprit rétro-futuriste. Et puis on a rapidement mélangé plusieurs choses : on s’est progressivement rapproché de l’univers du manga, de la BD belge des années 50 ; on a ajouté des éléments qui n’existent que dans Inskape ; on a créé une police en licence libre ; on a ajouté des éléments qui rappellent le monde du bitmap.

On a aussi accentué les zones lumineuses avec une technique de rétro-éclairage qui donne un effet très particulier à l’affiche quand elle est vue la nuit.

Comment avez-vous développé le site internet du FABFEST ?

Le contenu était le plus important, ce qui nous a fait penser à Wikipedia. On a donc utilisé un système wiki pour la base et progressivement, on a ajouté des visuels graphiques qui apparaissent grâce au système de scroll que l’on a dé-neutralisé. Ainsi, les animations se lancent quand on scrolle la page ce qui donne un rapport un peu étrange et surprenant.

Techniquement, le site est développé en HTML5, CSS3 et utilise la librairie JQuery. C’était une manière clin d’oeil pour nous de dire qu’il y a sur le web un champ exponentiel de création et d’étonnement surtout quand on joue avec les codes de Wikipedia qui font partie de notre patrimoine.

Le web est donc prêt pour le HTML5 ?

Oui ! A part pour la vidéo, je pense qu’il n’y a maintenant plus aucune raison d’utiliser flash. Là aussi, l’un des aspects intéressants du libre c’est les standards, le fait que l’on peut partager des valeurs communes. C’est un enjeu essentiel pour les développeurs, les utilisateurs, l’accessibilité et même les robots de Google qui commencent à tenir compte de la sémantique des classes CSS. Je crois que la poésie du code va bien plus loin que son intérêt strictement utilitaire, qu’une vraie culture est train de se développer autour du code, comme un hashtag Twitter peut amener à comprendre d’autres paradigmes et transforme le reste de notre culture.

Retrouvez tous nos articles sur le festival en suivant la catégorie FABFEST.

Kevin Lanteri

Writer @ Deliverthemessage.net

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I am an Orange employee, working in Paris at Web Digital Media & Social Media Department ; I am fond of rock music and concerts, I love The Strokes and the belgian group Ghinzu that I can listen all the time; as a former webdesigner, I am devoted to web and graphic design, especially vector art like Neil Stevens work (crayonfire) What do I prefer in the world wide web ? sharing, discovering and enthousiasm…that’s what I want to communicate at live Orange blog !


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