Hitchcock

#chronique Hitchcock : amour, dévotion et démons

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Etats-Unis, 1959 : Alfred Hitchcock est au sommet de sa notoriété. Mais après des films comme Sueurs Froides ou La Mort aux Trousses, il souhaite passer à un style de film plus radical et expérimental : ce sera Psychose. Le studio Paramount accepte de distribuer le film mais à condition que le réalisateur le finance lui même, vu l’aspect beaucoup trop sulfureux du projet. Toujours hanté par ses vieux démons, “l’homme obsédé par le meurtre” (et les jolies actrices) va tout risquer sur ce petit film d’horreur : sa propre maison hypothéquée pour l’occasion, sa crédibilité et même son mariage.

Hitchcock n’est pas seulement le récit du making of de Psychose, sans doute l’oeuvre la plus célèbre de toute la filmographie du mythique réalisateur… Sous les péripéties rocambolesques de la production de Psychose, le film de Sacha Gervasi (Anvil !) parle aussi beaucoup d’amour et de dévotion, ainsi que toute la difficulté de vivre au côté – ou plutôt un pas en arrière – d’un génie.

Femme de l’ombre d’Hitchcock, précieuse conseillère sur le choix des livres qu’il adaptait, Alma pris soin de lui comme la plus motivée des assistantes et la plus dévouée des épouses, soutenant toujours son mari dans tous les combats. Mais cela n’est pas toujours évident d’être “la femme de” et le film de Gervasi nous montre une Alma qui, au bout de 30 ans passés à se battre pour son époux, se lasse de toujours devoir rappeler à l’ordre son Hitch’ dans ses excès (nourriture, alcool, obsession du travail…).

En nous plongeant dans la genèse de Psychose, Sacha Gervasi nous place aussi face aux angoisses de l’artiste. La création réclame souvent sacrifices et renoncements, elle isole parfois l’auteur dans son obstination contre le monde entier. Obnubilé par son envie de prouver à tous qu’il est encore un grand réalisateur, “Hitch” se laisse aller à ses démons au risque de tout perdre et celà, le film de Gervasi le décrit avec beaucoup d’efficacité.

Magnifiquement interprété par un Anthony Hopkins presque méconnaissable sous ses prothèses, Hitchcock se fait cependant limite voler la vedette par le personnage d’Alma, réellement au centre du récit. Helen Mirren (Excalibur, The Queen…) joue parfaitement le dilemme de l’épouse qui accepte tout ou presque par amour… et finit par douter. Partager le quotidien d’êtres chers, c’est s’exposer à de cruelles déceptions ou payer parfois le prix des erreurs commises par ces personnes que nous plaçons pourtant sur un piédestal.

Au final, si Hitchcock décevra peut-être les cinéphiles qui attendaient un film plus sérieux, il offre tout de même une belle histoire d’amour et une magnifique leçon sur la liberté de création au cinéma, le tout dans une ambiance gentiment ‘dérangeante’ (Hitch a parfois des petites hallucinations…). A voir pour se rendre compte que la légende était avant tout un homme comme les autres et que les plus belles oeuvres sont souvent enfantées dans la douleur. Mais aussi pour se convaincre que 2 êtres qui s’aiment trouvent la capacité de surmonter les difficultés de la vie et créer ensemble de grandes et belles choses.


Hitchcock : Extrait Miss Janet Leigh VOST HD par 20thcenturyfoxfrance

Hitchcock, en salle le 6 février 2013 (1h38)
de Sacha Gervasi, avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Jessica Biel…
Si le sujet vous intéresse, je vous invite à aller lire cette très intéressante interview du réalisateur Sacha Gervasi sur le Daily Mars.

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@Orange  |
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