ZTE One with Firefox OS

lancement du système d’exploitation Firefox OS au #MWC13

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Le très attendu Firefox OS a été lancé au MWC.  Ce n’est peut-être pas un iPhone killer, mais je crois qu’il sera accueilli à bras ouverts sur les marchés émergents.

Il semble rapide, simple à utiliser, et intuitif dans sa navigation (au contraire de son rival open source Ubunto, qui a été présenté ici en avant-première.) De plus, il peut offrir des performances assez impressionnantes sur des terminaux bon marché. Cela le rend idéal pour les marchés où les smartphones à 500 € ne sont accessibles qu’à une minorité.

ZTE One with Firefox OS

Le premier mobile à assurer un lancement commercial est le  ZTE Open, qui sera disponible au Brésil. Mozilla, qui développe le SE en open source, ne souhaitait pas faire de commentaires sur son prix exact, un aspect qui concerne d’abord les opérateurs et les fournisseurs. Mais le développeur s’attend tout de même à un prix de commercialisation inférieur à 150 $. Mozilla estime par ailleurs que les smartphones Firefox OS seront également rapidement disponibles en Colombie, Hongrie, Mexique, Monténégro, Pologne, Serbie, Espagne, et Venezuela.

J’ai possédé un certain nombre de smartphones Android très bon marché – en secours – et je les ai trouvés très difficiles à utiliser (ce n’est évidemment pas le cas des modèles de référence), mais les deux smartphones Firefox présents au MWC sont assez impressionnants dans cette gamme de prix. En outre, je suis certain que les quatre autres fournisseurs à avoir adopté Firefox OS – à savoir Alcatel, Huawei, LG et Sony  – produiront également des terminaux d’un bon rapport qualité/prix. De ce fait, les critiques  comme celle-ci, dont a fait l’objet Firefox, me semblent parfaitement injustifiées.

Quelques 17 opérateurs se sont engagés à lancer des smartphones Firefox OS, démontrant qu’il y a une véritable attente au-delà du duopole constitué par Google et Apple. Pourtant, la plupart considèrent Firefox OS comme destiné aux marchés émergents.

Sur les marchés émergents, je ne crois pas que Firefox OS prendra des clients à iOS ou à Blackberry, ou même à Android – ceux-ci resteront probablement les téléphones préférés de la clientèle. Mais il peut très bien exister une mise à niveau pour les utilisateurs de téléphones milieu de gamme et pour que Firefox OS devienne le premier « ordinateur individuel » jamais possédé par des millions de personnes. Internet, e-mail, e-commerce, banque mobile, médias d’édition et médias sociaux, et ainsi de suite.., sont tenus pour acquis dans les pays développés. Mais si vous n’avez pas de PC, et que votre téléphone mobile a un écran noir et blanc, alors, un ordinateur individuel à 150,00 $ sera une vraie révolution, de la même manière que le Nexus 7 et le Kindle Fire HD ont fait accéder les tablettes à un nouveau marché – grâce à un prix extrêmement bas.

Les opérateurs mobiles ont investi dans les marchés émergents des sommes considérables en déploiement de réseaux mobiles à haut débit, comme en Afrique du Sud, au Brésil et en Inde. De plus, il s’agit de marchés pour lesquels l’infrastructure fixe peut être de très mauvaise qualité – les réseaux mobiles à haut débit y constituent donc la seule offre possible. Pourtant, les smartphones, les phablettes et les tablettes capables d’utiliser l’infrastructure mobile à haut débit sont financièrement inaccessibles à des millions de personnes. Qui peut prétendre posséder un iPhone 5 avec toutes les options lorsqu’il en coûte plus d’un mois de salaire moyen ? C’est donc pour toutes ces raisons que j’accueille Firefox avec plaisir et suis convaincu de sa réussite.

Le terminal avec lequel j’ai eu l’occasion de m’amuser au MWC, à savoir le ZTE Open, possède des caractéristiques techniques assez modestes : un processeur de 1 GHz, 256 Mb de RAM, et une carte SD de 2 Gb. Et pourtant, le système d’exploitation basé sur HTML5 était facile à utiliser, très semblable à celui d’un iPhone. Il y avait un grand choix d’applications déjà été conçues pour son utilisation. Le démonstrateur de Mozilla m’a expliqué que 17 des 20 premières applications mobiles étaient disponibles sous Firefox. Par exemple, Twitter vient juste d’annoncer son soutien à Firefox OS.

D’accord, les utilisateurs de Firefox ne vont pas instantanément avoir accès aux 500 000 applications que vous pouvez trouver dans les boutiques iPhone ou Android. Mais bon, combien d’entre elles sont rédigées en portugais ou en polonais ?

Je ne dis pas ici que Firefox va dominer les marchés émergents (il s’agit d’une occasion pour Android de perdre de l’argent), mais je pense que l’argument du « manque d’applications » n’est pas forcément un désavantage, comme cela pourrait être le cas par exemple aux États-Unis. (Ma rencontre avec les développeurs de la Silicon Valley m’a appris que les États-Unis sont la priorité et que le reste du monde vient après.)

Pour le moment, le message de Mozilla est que Firefox OS est conçu pour rendre le smartphone accessible à deux milliards de personnes supplémentaires. Malgré cela, je n’exclurais pas qu’il puisse devenir un acteur, certes petit, mais d’influence, au Royaume Uni, en Allemagne ou au Canada, etc… . Lors du MWC14, nous pourrions voir des fournisseurs de mobiles chinois ou coréen promouvoir des phablettes haut de gamme exploitées sous Windows, Android, Tizen, ou Firefox OS.

Un mot sur le développement applicatif

Firefox OS est entièrement bâti autour de HTML5, une norme technologique destinée à Internet.  Elle est open source du fait que Mozilla a une équipe centrale de développeurs, mais le code source est présenté de manière ouverte, de façon à ce que toute personne souhaitant intervenir comme développeur puisse faire des modifications du code. Mozilla compile les contributions puis met régulièrement à jour le SE gratuit sur la base de ces améliorations, qu’elles soient produites en interne ou en externe.

L’utilisation de HTML5 et son caractère totalement ouvert, signifient a) qu’il existe littéralement des millions de développeurs d’applications potentielles, et b) que les fournisseurs de mobiles ou les opérateurs peuvent s’approprier l’interface utilisateur et moduler son apparence à leur guise. Il est déjà possible de le faire avec Android dans une certaine mesure, mais avec une interface utilisateur HTML5, même des développeurs web peuvent totalement revoir un mobile comme ils le feraient avec un site Internet. Ils peuvent rédiger des applications natives en HTML5/JavaScript, enregistrées dans le mobile, ou pointer une fenêtre de navigateur vers un site Internet ayant l’aspect d’une application et agissant comme tel. Cela donne aux développeurs et aux opérateurs énormément de flexibilité : les applications peuvent être hébergées sur le Firefox Markeplace, le marché d’un opérateur commercial, ou simplement être distribuées par l’intermédiaire d’un site Internet. Lors du MWC de l’an dernier, il y avait de nombreuses discussions concernant la fragmentation du marché des applications et le fait qu’elle conduirait finalement à une consolidation autour de HTML5 pour que les développeurs puissent rédiger en une fois et publier partout. Il y a eu un certain nombre d’obstacles à cette évolution, comme par exemple le fait que HTML5 évolue encore de façon importante et que ses performances soient quelque peu instables. En fin d’année dernière, Facebook a retiré ses applications mobiles sur HTML5 pour revenir à iOS et Android.

Il n’en demeure pas moins qu’il existe  une montée en puissance de HTML5 : si un SE est conçu pour lui et que le temps de réponse du réseau mobile s’améliore, cela donne une vraie chance de succès à Firefox. Et les mêmes applications fonctionneront aussi sur les iPhones, Androids, Windows, Blackberrys et autres… .

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