18

mai

Paradis : amour, Ulrich Seidl et la misère affective #Cannes2012


Paradis : amour, qui sera suivi des opus « foi » et « espérance », était attendu comme le film-choc du festival. Il n’en est rien. Ulrich Seidl poursuit dans sa voie de docu-fiction indéfinissable qui sonde la fange de l’humanité avec cette fois donc, les grosses autrichiennes qui partent au Kenya pour se faire des beach boys. Trouble du début à la fin, d’abord drôle puis à la limite du détestable, mais fascinant par la putréfaction qu’il montre sans fard, Paradis : amour est de ces films qui dérangent, comme Cannes en raffole. Mais c’est également, et même surtout, un film qui met en lumière des pratiques détestables prenant place en Afrique, à tous les niveaux. Certes le sujet n’est pas nouveau, Laurent Cantet l’avait déjà traité dans Vers le Sud, mais il a le mérite d’être traité ici sous la forme de portrait de la misère humaine, alternant entre le drôle et le pathétique. Édifiant et très dérangeant.

Ulrich Seidl donne le ton avec son ouverture qui n’est autre qu’une succession de plans frontaux de trisomiques dans des auto-tamponneuses. Brutal, déjà troublant, Paradis : amour part ainsi sur des bases qu’affectionne Seidl : trouver une forme de beauté dans une forme de laideur. Il pratiquait déjà l’exercice dans ses documentaires ou ses films de fiction, toujours portés par une misère humaine mise en avant, trouvant une expression de l’amour dans des zones totalement insoupçonnées. Dans sa première partie il signe quelque chose d’assez clair, dans le sens où il établit les bases du voyage de Teresa. Drôle car grotesque, porté sur les corps difformes et le caractère profondément dégueulasse de la démarche, Paradis : amour part sur des bases singulières transcendées par une mise en scène assez éblouissante.

-> lisez la suite de l’article de Nicolas Gilli sur son blog Filmosphere.com et retrouvez-le sur Twitter @Nico_Gilli

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journaliste et critique cinéma, blogueur sur filmosphere.com depuis décembre 2009


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