26

juin

#euro2012 – un Polonais à Donetsk


Retrouvez un compte rendu spécial de Donetsk, où se jouait le dernier match du groupe D entre l’Angleterre et l’Ukraine. Notre collaborateur polonais Marek Wajda s’est rendu sur place pour prendre la température.

Déjà, à l’aéroport, j’ai pu constater que ce pays est plein de contradictions – de la bureaucratie ambiante, avec une multitude de contrôles, à la chaleur et bonne humeur des habitants. Après les formalités, j’ai été accueilli par des volontaires qui m’ont rapidement indiqué comment me rendre dans la zone des supporters ou au stade. Les gens dans la rue se sont également montrés très accueillants. Il suffisait que je sois debout à un arrêt de bus, ou que je sorte une carte, pour qu’immédiatement quelqu’un vienne me montrer le chemin.

De l’aéroport, je me suis rendu directement à la zone des supporters. Sur le chemin, j’ai vu des voitures avec des fanions de l’Ukraine, bien que je doive reconnaitre qu’il y en avait moins que de drapeaux polonais à Varsovie. Même s’il restait sept heures jusqu’au match, la zone des supporters était déjà très animée. Il y avait tout un ensemble d’attractions pour les supporters : des matchs, des joueurs, de la peinture sur visage, des danses collectives, des concours…

Les supporters étaient ravis, et pleins de certitude sur la victoire de leur équipe. «Nous avons une équipe forte, et Shevchenko est dans une forme extraordinaire», m’a assuré Jaroslaw. Avec des amis, il portait un énorme drapeau de son pays.

Tous les supporters montraient une attitude très amicale envers les supporters des autres pays et faisaient des photos ensemble dans la joie et la bonne humeur.

Si je mentionnais que je venais de Pologne, aussitôt quelques travailleurs de mon pays échangeaient avec moi. À l’évidence, ils se dirigeaient parfaitement au milieu des attractions. Évidemment, la plupart des supporters étaient habillés en jaune et bleu, mais il y en avait également un nombre important en costume traditionnel. Sur place, j’ai également rencontré… des policiers anglais, avec leurs casquettes caractéristiques. Il était difficile de circuler le long de la zone, non pas parce que cela était dangereux, mais parce que, constamment, quelqu’un d’entre nous faisait des photos souvenir.

Quatre heures avant le match, je suis passé à l’hôtel. Des fenêtres du bus, je remarquais les bidons jaunes dans lesquels on vendait du kwas, une boisson rafraichissante à base de pain. Dans l’autobus en revanche, je ne ressentais pas l’atmosphère du match qui s’approchait. La majorité des passagers étaient absorbés par leurs obligations domestiques et quotidiennes.

C’est seulement deux heures avant le match, lorsque je suis arrivé au stade, que j’ai vu la mer de supporters ukrainiens en tenues colorées, mais très disciplinés et calmes.
J’ai également rencontré deux supporters anglais qui apaisaient leur soif dans un pub local. Je leur ai demandé pourquoi ils étaient si peu nombreux, probablement plusieurs fois moins que lors de la précédente Coupe du Monde en Afrique du Sud ? «Je pense qu’ils ont eu un peu peur des reportages sur cet endroit, qui se sont révélés complètement faux. Nous ne voyons ici aucuns hooligans ou racistes. Nous rencontrons des gens très amicaux, et les femmes sont ravissantes», sourit Paul. «Il faut également remarquer que le logement ici est cher, mais plus nous avançons, plus cela nous apporte, parce que ceux qui rentrent raconteront à leurs connaissances à quel point on est bien ici».

Et que se passera-t-il si les Anglais perdent le match ? «Eh bien, tant pis. Il s’agit juste de football. Bientôt, il y aura de nouveaux matchs et d’autres émotions», a ajouté Steven. Devant le stade, des supporters posaient pour des photos de groupe. J’ai aussi rencontré un compatriote de Varsovie. «Ma femme est ukrainienne, et je ne pouvais donc pas manquer un match aussi important», explique Piotr. Il avait un grand drapeau polonais avec Varsovie inscrit dessus, et on se pressait vers lui pour des photos communes.

Je me suis un peu étonné lorsque je suis arrivé au stade, une heure avant le match – il était plein à un quart. J’ai demandé à un voisin pourquoi il y avait si peu de supporters. «Il reste encore deux heures jusqu’au match» m’a-t-il assuré tranquillement. Deux heures ? Eh bien, oui, j’avais oublié de régler ma montre à l’heure locale ! Effectivement, le stade s’est rapidement rempli, si bien qu’une demi-heure avant le match pratiquement toutes les places étaient occupées.

Pourtant au moment du match, bien que les supporters anglais aient été nettement moins nombreux, c’est eux qu’on pouvait entendre la plupart du temps. En permanence, ils chantaient, sautaient, dansaient, et jouaient sur des tambours.

Les hôtes naturellement, soutenaient bruyamment leurs joueurs, principalement criant « Ukraina wperod » (en avant l’Ukraine), mais il s’agissait seulement de manifestations de quelques minutes. Cette différence dans la manière de soutenir son équipe m’a été expliquée par Andrij, sur le chemin du retour. «Ils ont une longue habitude d’avoir leur équipe au plus haut niveau mondial, et ils suivent leur équipe depuis des décennies, alors que nous apprenons tout juste comment jouer notre rôle de supporter».

Malgré cela, au moment du match, ce sont les familles tout entières qui essayaient de soutenir leurs joueurs et de jouer les supporters. Dès qu’ils étaient à côté de la balle, partait la clameur de quelques dizaines de milliers de supporters, et un instant plus tard c’était un gémissement après un tir raté.

Après la perte du match, les supporters ont tranquillement quitté le stade, sans être désespérés, parce qu’ils savaient que les Anglais étaient les grands favoris, et qu’ils pouvaient être très heureux de la prestation de leurs joueurs, lesquels avaient contraint les Anglais à la défense pendant de longues minutes.

Retour le lendemain du match : les discussions à propos ce sujet vont bon train et sont même plus animées qu’avant l’événement. Le chauffeur du bus discute avec une passagère du but inscrit par l’Ukraine mais refusé à tort par l’arbitre. «Peut-être que c’est quand même bien ? Plus de touristes étrangers viendront chez nous», répond avec assurance la dame.

Poster un commentaire

Aucun commentaire

Les commentaires sont fermés.