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mai

In the Mood le Mag présente son festival de Cannes 2012 #Cannes2012


Sans aucun doute, en 2001, lors de mon premier Festival de Cannes auquel j’avais assisté grâce au concours du prix de la jeunesse, n’imaginais-je pas y retourner, quoiqu’il arrive, chaque année, et y être encore en 2012. Après 5 blogs (dont le premier créé il y a 9 ans et dont un consacré à ce festival), 13 participations à des jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d’écriture), 10 années de passionnantes  études (droit, sciences politiques, médiation culturelle, cinéma) ; ma passion viscérale du cinéma et de l’écriture, cette envie irrépressible de les partager (notamment dans un recueil de 13 nouvelles sur le cinéma pour lequel je recherche un éditeur -à bons entendeurs !- mais aussi par l’écriture de scénarii) sont plus que jamais vivaces. 11 ans plus tard, après tant de pérégrinations, j’y vais avec le même enthousiasme, la même curiosité insatiable que cette première fois où je découvrais, fascinée, le vertigineux et mythique Grand Théâtre Lumière, ses rituels dérisoires et sublimes. C’est en effet ce festival, la plus grande des  « fenêtres ouvertes sur le monde », tourbillon enivrant d’images, qui a exacerbé ma passion pour le cinéma.

Bien sûr, je connais les pièges et revers de ce théâtre des vanités,  cette comédie humaine fascinante et terrifiante, la versatilité des personnalités et avis pour un sursaut de vanité. Je sais que tant d’illusions s’y fracassent, que Cannes peut encenser, broyer, magnifier, dévaster et en a perdu certains et tant à force de les éblouir, les fasciner, les aliéner, que le cinéma est parfois éclipsé derrière tous ceux qui font le leur mais Cannes reste la plus grande déclaration d’amour au cinéma et aux cinéastes qui y émergent, se révèlent au monde, nous révèlent un monde. Le leur. Le nôtre.

Comme chaque année, la compétition reflète ainsi la diversité du cinéma mondial, mais aussi les colères, les blessures, les ombres et lumières du monde, parfois sa poésie. Certainement cela sera-t-il le cas de Like someone in love de Kiarostami, film que j’attends le plus. Pour sa 5ème sélection en compétition, le cinéaste iranien qui avait obtenu la palme d’or en 1997 pour Le goût de la cerise, nous emmène au Japon. Je lui dois ainsi un de mes plus grands chocs cinématographiques cannois avec Copie conforme, film de questionnements plus que de réponses si ludique, unique, jubilatoire dans lequel le jeu si riche et habité de Juliette Binoche, lumineuse et sensuelle, se prête à plusieurs interprétations, à l’image de l’art évoqué dans le film dont l’interprétation dépend du regard de chacun, comme une illustration pratique de la théorie énoncée. Brillante réflexion sur l’art et l’amour.

Amour, tel est justement le titre simple et sibyllin du film de Michael Haneke, de retour en compétition trois ans après sa palme d’or pour l’œuvre austère à la cruauté tranchante, dérangeante, à la mise en scène fascinante qu’est Le Ruban blanc. Il devrait à nouveau nous dérouter avec ce film que je suis particulièrement curieuse de découvrir, également pour le retour de Jean-Louis Trintignant.

J’attends également beaucoup du dernier film, aussi en compétition, d’un réalisateur dont le cinéma semble paradoxalement de plus en plus juvénile et inventif : Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais, une adaptation très libre d’Euridyce de Jean Anouilh qui s’apparente vraisemblablement à un hommage  au cinéma et au théâtre.

C’est avec la même avidité que je dégusterai un autre des trois films français en compétition : De rouille et d’os de Jacques Audiard, trois ans après le Grand prix pour Un Prophète, une histoire entremêlant amour et brutalité de l’existence dont la mise en scène, le sujet et l’interprétation semblent particulièrement prometteurs.

Parmi mes attentes encore : le film de Catherine Corsini à “Un Certain Regard” que Thierry Frémaux a défini comme un “film policier qu’on pourrait dire inspiré par Claude Sautet“,  lequel est un de mes cinéastes de prédilection : argument imparable.

J’attends également beaucoup de Reality de Matteo Garrone ; de The Hunt de Vinterberg dans lequel le mensonge se métamorphose en vérité dans l’esprit de ceux qui le reçoivent, un film  sur la rumeur qui, à Cannes, si souvent atteint son paroxysme.

Il faudrait encore citer Killing them soflty qui signe le retour d’Andrew Dominik après le western crépusculaire et magistral L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ; Cosmopolis  qui(ré)concilie vraisemblablement glamour et film d’auteur ; Laurence anyways de Xavier Dolan après sa grisante fantasmagorie Les amours imaginaires ; Confession d’un enfant du siècle étant  curieuse de voir comment l’œuvre de Musset a pu être adaptée, de même que celle de Kerouac (Sur la route) par Walter Salles.

J’aimerais revoir Lawrence d’Arabie, Cléo de  5 à 7 , Tess, chefs d’œuvre dont les projections des copies restaurées dans le cadre de Cannes Classics promettent de grands moments d’émotion.

Je retournerai voir Une journée particulière de Gilles Jacob que j’ai découvert récemment, documentaire sur les 60 ans du festival qui sera projeté pour le 65ème anniversaire en présence de 18 des cinéastes de « Chacun son cinéma ». Un film qui s’attarde sur « la géographie d’un visage », des visages, ceux des artistes. Bel écho avec les extraits des films qui le jalonnent et qui eux-mêmes se concentrent surtout sur les visages et les rites cinématographiques comme une mise en abyme de la mise en abyme. Au détour d’un plan, on devine la malice juvénile de Gilles Jacob ; le regard est toujours tendre, bienveillant. Son documentaire met en lumière ce qui caractérise un grand cinéaste, un auteur : le caractère immédiatement identifiable de son regard sur le monde et de son univers.

Etablir des pronostics revient à s’interroger sur les caractéristiques  d’une palme d’or. Un film qui justement témoigne d’un regard sur le monde ? Un film avec une portée sociale, politique, philosophique ? Un film intemporel ? Un film qui porte l’art cinématographique et ses composantes à leur firmament ? Un film qui nous transporte, nous éblouit, nous émeut ? Un film qui nous questionne ? Un film qui nous apporte des réponses ?

Nanni Moretti, cinéaste « engagé », pourrait primer  un film en résonance avec l’actualité comme celui de Yousri Nasrallah. Ou celui de Kiarostami à qui il a consacré un court-métrage et qui lui doit en partie la palme d’or en 1997 (il faisait alors partie du jury.) Marion Cotillard ou Matthias Schoenaerts pourraient recevoir un prix d’interprétation, manière détournée de récompenser Jacques Audiard qui aura tant de concurrents pour la mise en scène. Je ne peux m’empêcher de souhaiter un prix du scénario pour Resnais, l’écriture de ses films étant toujours remarquable mais, à vrai dire, je préfère ne rien présager, laisser place au vertige de la surprise et la découverte cinématographiques.

Je ne prends guère de risques, en revanche, en pronostiquant 11 jours d’exquise et troublante confusion entre fiction et réalité enlacées en un tango langoureux annihilant frontières et repères, où la vie sera alors exaltante, palpitante, grisante. Comme au cinéma…

-> Retrouvez Sandra Mézière sur son blog inthemoodlemag et sur Twitter @moodforcinema

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céline louis

responsable éditorial

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responsable éditorial du blog live Orange, passionnée de web, de musique et de photo


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