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juil.

#TDF12 Tour de France 2012 le clap de fin !


Cette année encore, j’ai pu pénétrer la zone technique pour rencontrer Henri Terreaux, chef de projet national en charge du Tour de France, alors que la 99e grande boucle venait juste de terminer de célébrer la victoire de Bradley Wiggins. Quel est son bilan de cette nouvelle édition ? Quelles ont été les difficultés techniques de ce Tour ? Qu’est-ce qui nous attend pour le 100e Tour de France ? Henri Terreaux répond à toutes ces questions en toute transparence et nous dévoile même en exclusivité quelques étapes du tracé de l’an prochain.

henri terreaux tdf12

Henri Terreaux

Bonjour Henri, tu achèves aujourd’hui ton 15e Tour de France, quel en est ton bilan ?

C’est un sans-faute ! Ce n’était pas évident car on a dû faire face à plusieurs pièges : des étapes à l’étranger (en Belgique et en Suisse) avec des routages complexes ; des étapes de montagne ou de moyenne montagne comme La Planche-des-Belles-Filles avec une fibre optique à tirer sur des pilonnes à très haute tension de 500 000 volts donc c’était très compliqué ; les étapes de La Toussuire et Peyragudes où il a fallu acheminer le faisceau hertzien (FH) et interfacer des liens Giga Ethernet avec les équipements FH. C’était une première mondiale au niveau commercial. On l’avait testé en labo donc on avait nos certitudes mais le jour de la course, toutes les images télé, les photos et l’informatique de la course  transitaient sur ces fibres optiques donc on angoissait quand même un peu. Et puis ça s’est parfaitement bien passé, donc on va pouvoir décliner ce modèle commercial les années suivantes, ça va donner une bulle d’air au Tour de France au moins pour les 4 à 5 ans à venir.

Vous avez été nombreux cette année encore à travailler sur le Tour de France ?

Oui non seulement dans notre équipe sur place mais et il faut aussi mentionner toutes les personnes qui travaillent au back-office : les personnes de chez Orange Labs, celles du Centre d’Appel Technique à Blagnac qui sont nos spécialistes du Faisceau Hertzien, les personnes de l’ Unité Pilotage Réseau Ile de France qui nous ont fait les routages, celles d’IBNF qui nous ont fait les routages à Genève et à Bruxelles…Il y a du monde qui travaille sur le Tour mais qui reste dans l’ombre, ce sont toutes ces personnes qui font que la couverture du Tour de France est bien tissée. C’est grâce à elles aussi que nous pouvons réaliser un Tour sans faute.

Cette année, le Tour a débuté en Belgique, puis il est passé par la Suisse, cela change quoi de travailler sur des réseaux à l’étranger ?

Les gens de Belgacom nous connaissent depuis de nombreuses années, ce sont des amis. Ils connaissent nos méthodes de travail, ils connaissent le Tour de France et nous câblons les courses de la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège qui sont au calendrier de l’UCI World Tour et qu’ils organisent. On travaille avec eux toute l’année donc les premières étapes du Tour de France 2012 étaient assez confortables, c’était comme travailler à la maison avec nos homologues de Belgacom.

L’étape problématique était Porrentruy puisqu’on arrivait sur un aérodrome perdu au milieu de nulle part, il y avait 10km de fibre optique tirée par Ciscom depuis l’autoroute vers la ligne d’arrivée donc c’était très compliqué. En plus, du fait de coût plus élevés que d’habitude, nous avons dû faire avec des moyens techniques fortement réduits.

Vous avez utilisé de nouvelles technologies cette année, comment s’effectuent ces choix technologiques ?

Depuis quatre ans, nous fonctionnons avec des liens SIM1, des 155 MégaBits sur la ligne d’arrivée et sur la salle de presse. L’an dernier, nous avons eu des pics de saturation dus aux évolutions du métier de journaliste. Il y a cinq ans, un journaliste rédigeait son papier soit quelques kilo octets de données qu’il envoyait en upload. Maintenant, un journaliste a un site internet à nourrir, éventuellement un blog à alimenter donc il prend des photos voire des vidéos, du son…Donc le nombre de données envoyées dans le tuyau n’est plus du tout le même. Sachant que nous gérons 2500 journalistes du monde entier : de la télé, des radios, de la presse écrite et des photographes.

Avant, les photographes envoyaient dix photos. Maintenant, la volumétrie est beaucoup plus importante. L’équipe photo par exemple envoie 2500 photos à la fin de chaque étape ! Ce ne sont plus du tout les mêmes flux. Alors qu’à l’époque on devait créer un petit chemin pour acheminer les données, maintenant c’est une autoroute qu’il faut créer au quotidien ! Les débits ont donc augmenté de manière exponentielle. C’est un phénomène que l’on constate dans tous les domaines : au G8, au G20, au festival de Cannes, c’est pareil. Les photos sont de plus en plus nombreuses, elles ont une définition de plus en plus élevée, donc les données envoyées sont de plus en plus importantes. On est dans une course effrénée aux débits et l’on essaye de s’adapter pour que les médias puissent retransmettre le plus sereinement possible.

Maintenant tout le monde est connecté en permanence, y compris le public et notamment via les réseaux sociaux, en train d’envoyer messages, photos, vidéos depuis le Tour, est-ce que cela a un impact ?

Oui, c’est un deuxième impact. On l’a identifié depuis trois ans sur le réseau mobile. Les moyens supplémentaires engagés en 3G sont réservés à la zone d’arrivée où les besoins des journalistes sont les plus importants. Sur les villages départ, on se contente du réseau 2G ou Edge, on ne surdensifie pas les réseaux, sachant tout de même que cette année on a mis l’équivalent de 60 antennes-relais supplémentaires sur la course pour arriver à desservir les villages départ, les arrivées et certains points intermédiaires le long de la course. C’est un investissement très important.

Comment cela s’est passé pendant la panne du réseau mobile ?

On a dû réagir vite et avec nos moyens. Comme les services nationaux qui ont fait le maximum pour rétablir la situation eu plus vite, toute l’équipe s’est immédiatement mobilisée. On a donné des connexions filaires et des accès Wi-Fi aux journalistes pour qu’ils puissent quand même envoyer leurs données, d’autant plus que la panne est intervenue juste avant l’arrivée de l’étape de Metz. Ils avaient donc des photos, des vidéos et du son à transmettre, ils ne devaient pas être impactés. Heureusement, cela a été quasiment indolore pour eux. Et grâce aux services de communication, nous avons pu tenir informés les journalistes et la Direction de la course en toute transparence dès que nous avions des nouvelles à leur communiquer ce qui les a fortement rassurés. C’est vraiment une synergie de groupe qui se décline à ce moment-là.

L’an prochain le Tour de France fête son 100e anniversaire, il va réserver des surprises, peux-tu nous dévoiler quelques-unes de ces surprises ?

Le 100e Tour de France sera le Tour de France de l’eau. On a un grand départ de Corse, avec une salle de presse compliquée puisqu’elle se situera dans un bateau. Par principe, un bateau doit être étanche, il est en ferraille, pour monter un réseau Wi-Fi sur les différents ponts c’est super compliqué. Dès le mois d’avril, j’ai donc effectué un repérage avec la direction du Tour de France sur un des ferries qui sera loué. Il servira de salle de presse et nous logerons dans les cabines.

Nous partirons normalement le mardi dans la nuit pour arriver le mercredi matin à Porto-Vecchio où se déroulera le grand départ. Le vendredi soir, le bateau quittera Porto-Vecchio pour arriver à Bastia où il y aura la première arrivée d’étape près de la lagune, il ira ensuite à Ajaccio pour une autre arrivée d’étape sur la route des Sanguinaires ; la troisième et dernière étape corse se déroulera à Calvi sachant que le bateau de la salle de presse relâchera à l’Ile Rousse. Nous aurons ensuite une nuit un peu complexe puisque dès la fin de l’étape de Calvi, le bateau se dirigera vers Nice où il faudra démonter tout le matériel. Le bateau arrivera à 4h du matin sur place et nous n’aurons que 3h pour équiper l’un de nos camions centre-téléphonique (le camion de la salle de presse), et prendre le matériel pour le réinstaller dans nos camions. Suivront quelques ports au bord de la Méditerranée qui abriteront des étapes du Tour de France. Ensuite nous partirons vers les étapes des Pyrénées puis on rejoindra la Normandie où il devrait y avoir quelques étapes de prestige, encore en bord de mer. Après je pense que le Juge de Paix se fera dans les Alpes. Le retour se fera comme d’habitude à Paris, sur les Champs Elysées pour un 100e Tour de France exceptionnel avec plein d’arrivées en montagne et beaucoup de rêve je pense au bout du compte.

Nous te donnons alors rendez-vous l’an prochain pour le 100e Tour de France ?

Je l’espère ! Notre partenariat est en cours de renégociation. Mais je pense que notre équipe a su apporter au groupe France Télécom-Orange les cartes maîtresses pour renégocier ce partenariat, puisque depuis plusieurs années nous affichons un sans-faute technique ce qui donne confiance à la Direction d’ASO pour re-signer un partenariat en notre faveur. Quant à moi, je suis bien sûr partant surtout avec l’équipe de champions qui m’entoure !

céline louis

responsable éditorial

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responsable éditorial du blog live Orange, passionnée de web, de musique et de photo


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