25

juil.

critique du dernier Batman “The Dark Knight Rises” #TDKR


Le volet final du Batman de Christopher Nolan est digne d’une superproduction de haut niveau, avec des passages à vous couper le souffle, des aspects politiques et proches de Dickens, et une distribution absolument fantastique, au sommet de son art.

synopsis : alors que le Conseiller Gordon tombe sur un complot destiné à détruire la ville de l’intérieur, Bruce Wayne revient en scène en tant que Batman, l’homme chauve-souris. L’attendent la mystérieuse Selina Kyle, ainsi que Bane, un ennemi mortel, dans une croisade pour détruire pièce par pièce l’héritage de Batman.

casting : Christian Bale, Tom Hardy, Gary Oldman, Anne Hathaway, Joseph Gordon-Levitt, Marion Cotillard, Michael Caine, Morgan Freeman, Matthew Modine, Ben Mendelsohn

the dark knight rises

©2012 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC.

Il y a sept ans, Christopher Nolan redonnait vie à la franchise trop souvent galvaudée par des réalisateurs médiocres, avec des designs de mauvais goût, des personnages affreux et un costume rendu ridicule avec ses tétons en caoutchouc. À présent, après avoir relaté les débuts de Batman, sa mutation en héros urbain, et son combat pour anéantir un ennemi redoutable et sauver une ville dans un dernier chapitre criant de finalité, Nolan a placé la «Bat-barre» tellement haut qu’on ne peut qu’avoir de la pitié pour la pauvre âme que sollicitera Warner Brothers pour relancer la série dans la prochaine décennie.

Tandis que The Avengers ont créé un super groupe de super héros, et que The Amazing Spider-Man a raconté à nouveau une histoire familière, les ambitions de Nolan sont plus élevées. Après avoir utilisé les vecteurs de la peur (L’Épouvantail) et du chaos (Le Joker) dans les deux films précédents, il met ici en place une force de destruction (Bane) dans un paysage bâti sur un mensonge, et il emprunte au roman Le conte de deux cités pour opposer les classes modestes à la très haute bourgeoisie. Mais apparaissent ici également des signes de stress post-traumatique, le déclin et la chute du monde moderne, et l’importance de la foi.

Et il y parvient, grâce à un soutien impeccable dans tous les domaines. Depuis la superbe photographie de Wally Pfister, à la musique percutante d’Hans Zimmer, et à une distribution parfaite. Bale est le meilleur personnage de Bruce/Batman jamais présenté ; Anne Hathaway vole pratiquement la vedette dans le rôle de la féline et spirituelle Selina Kyle (pas une fois nommée Catwoman dans le film) ; Joseph Gordon-Levitt apporte sa touche émotionnelle dans le rôle d’un flic idéaliste de Gotham, qui présente de nombreux traits de ressemblance psychologique avec Bruce Wayne. Messieurs Oldman, Caine et Freeman sont aussi solides et impressionnants que toujours. Quant à Tom Hardy, il est terrifiant dans son rôle de Grand Méchant du film. La présence magnétique de l’acteur complète son immense stature et son regard glaçant.

Il s’agit aussi d’un triomphe technique. Avec le hold-up aérien de Bane et de ses acolytes, l’explosion du terrain de football vue dans les bandes annonces, l’utilisation que fait le Vengeur Masqué de son nouveau jouet volant, et la désintégration, au sens propre, de Gotham par les armes de Bane, exécutée avec aplomb, tension, et une toute petite dose d’images assistées par ordinateur.

Ce n’est pas un film parfait –  il y a tellement de personnages dans la première partie que l’attente pour que le « Dark Knight » veuille bien enfin « se dresser » est épuisante. La décision de Nolan de démarrer les choses avec une séquence aérienne, et d’infliger à Batman une blessure atroce pendant la moitié du film, rend l’affrontement extérieur entre Bane et Batman tout à fait décevant. Les rumeurs disaient qu’on ne comprenait pas bien Bane à cause de son masque. C’est finalement faux puisqu’un doublage a été effectué en post-production. Par contre, il est vrai que la super bande-son de Zimmer est parfois trop forte au détriment des dialogues

Mais en tant que dernier épisode d’une trilogie, plutôt que simple énième épisode (hum! Spider-Man 3), The Dark Knight Rises est magnifique. La Ligue des Ombres et le retour du spectre de Ra’s Al Ghul à Gotham, parallèlement à la chute tragique d’Harvey Dent et au deuil de Bruce Wayne envers Rachel Dawes, donnent une consistance à la paix fragile de la ville, comme le fait plus tard la rupture des liens d’une amitié de toute une vie. La chute accidentelle du jeune Bruce dans un puits à Wayne Manor, dans Batman Begins, trouve son écho dans la tentative de l’homme adulte de s’échapper d’une prison étrangère souterraine alors que les résonances du Patriot Act dans The Dark Knight sont présentées ici sous forme d’évocations d’une révolte du style « Occupy Wall Street », bien que les motivations de Bane pour encourager ce soulèvement ne sont pas le moins du monde anti-capitalistes.

Il s’agit, pour conclure, du dernier chapitre du récit de Nolan et Bale, mais également de leur plus ambitieux, de leur plus émotionnel, et de celui qui se veut le plus ouvertement épique. Dans Batman Begins, Ra’s Al Ghul encourageait Bruce à devenir plus qu’un homme – The Dark Knight Rises est plus qu’un film tiré d’une bande dessinée, plus qu’une superproduction de cinéma. C’est la fin d’une ère dans l’industrie du film, et nous avons eu la chance d’en avoir été témoins.

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writer for Orange Wednesdays and Orange film


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