1. Une nouvelle épreuve
La quatre-vingt-dix-neuvième édition de la course cycliste la plus prestigieuse du monde est caractérisée par de nombreux temps forts. Avec un départ dans la superbe ville de Liège, en Belgique, la course est conçue pour présenter plusieurs régions de l’est de la France qui n’avaient jamais accueilli le Tour. Ces étapes, dans les régions vallonnées du Jura et des Vosges, fourniront de magnifiques occasions d’échappées pouvant battre le peloton au final, et pourraient figurer parmi les plus sensationnelles de cette édition du Tour.
Les tenants de la tradition ne doivent toutefois pas s’inquiéter, il y a un certain nombre de « classiques » parmi les étapes, particulièrement dans les Pyrénées, où les 16ème et 17ème étapes devraient avoir une grande importance dans le résultat final de la course. En particulier la monstrueuse seizième étape de Pau à Bagnères-de-Luchon qui se distingue par quatre ascensions classiques. L’Aubisque, le Tourmalet, l’Aspin et le Peyresourde testeront l’endurance de tous les prétendants, au milieu d’un environnement de montagne absolument spectaculaire.
Entre temps, nous pouvons nous attendre dans les Alpes à une nouvelle ascension majeure ; le Col du Grand Colombier, à la dixième étape, qui a été décrit par le Directeur du Tour, Christian Prudhomme, comme un « vrai géant » et « un lieu d’une extraordinaire beauté ».
Si l’on compare avec les dernières années, l’aspect le plus notable de l’édition 2012 est peut-être l’augmentation des contre-la-montre. Il y aura pratiquement 100 km contre-la-montre, plus du double en distance par rapport à l’année dernière, qui penchait en faveur des purs grimpeurs. Selon Christian Prudhomme, ce « rééquilibrage » augmentera le nombre de vainqueurs potentiels. Cela ne peut être qu’une bonne chose pour la course.
2. La lutte pour le maillot jaune
En conséquence du nombre plus important de kilomètres de contre-la-montre, et du nombre restreint d’arrivées de sommet en montagne, les principaux coureurs seront probablement plus proches au classement général que les dernières années. Il reste toutefois quelques coureurs, très précieux dans le peloton, et assez forts pour se battre à la fois sur les contre-la-montre et pendant les grandes étapes de montagne.
Le Russe Denis Menchov et l’Allemand Tony Martin devraient postuler, mais je prédis que cette édition du Tour verra une bataille épique en tête-à-tête entre le vainqueur de l’an dernier, Cadel Evans, et le Britannique Bradley Wiggins, qui aurait été un prétendant en 2011 s’il n’avait pas chuté prématurément.
Si les spécialistes de la montagne comme les frères Schleck ou Samuel Sanchez veulent participer à la lutte pour le maillot jaune, ils devront être excellents dans les trois étapes se terminant au sommet, et, par conséquent, ces trois jours devraient offrir du grand spectacle.
3. Le retour de Thomas Voeckler
Lorsque les quatre équipes bénéficiant cette année de wildcards ont été annoncées, j’ai été ravi de voir que le Team Europcar avait été sélectionné, après les exploits de l’an dernier de cette équipe 100 % française. Aucun coureur n’a été plus héroïque que le coureur de 32 ans, Thomas Voeckler, qui, même s’il n’est pas considéré comme l’un des favoris, a vaillamment été en tête de la course pendant dix étapes consécutives pour finalement finir quatrième au classement général.
Le chouchou du public français apparaît en bonne condition cette saison, après avoir terminé quatrième de Liège-Bastogne-Liège, et cinquième de l’Amstel Gold Race. S’il conserve ce niveau lors du Tour, j’espère sincèrement que nous verrons une fois encore son sourire rayonnant s’afficher sur le podium du leader de la course.
4. Les fans
Il n’y a pas d’événement sportif sur Terre comme le Tour, ses fans transforment d’habituellement paisibles villages, et des cols isolés de montagne, en des ensembles furieusement enthousiastes, bruyants et colorés. J’adore voir les hordes de supporters, qui ont conduit ou sont arrivés en vélo vers quelque point perdu, agglutinés sur le bord de la route, agitant leurs drapeaux nationaux, et poussant leurs favoris. J’admire en particulier à quel point la course est accessible, et c’est un spectacle joyeux d’observer des personnages loufoques tels que Le Diable, Didi Senft, et ses pareils, courant juste à côté des cyclistes, les poussant de la voix alors qu’ils grimpent les derniers kilomètres d’une arrivée au sommet.
Ensuite, il y a les gigantesques œuvres d’art, souvent construites par des communautés locales pour souhaiter la bienvenue au Tour dans leur région. Les vues d’hélicoptère montrent d’énormes vélos en bottes de paille, ou des messages taillés dans des champs de maïs dorés, tous reflétant l’air de liesse et de célébration qui semble toujours accompagner le Tour.
5. L’étape des Champs-Élysées, à Paris
Cette année, l’étape la plus prestigieuse du Tour pourrait bien se transformer en classique. En effet, l’épreuve olympique sur route se tiendra précisément cette année juste une semaine après la fin du Tour, pour permettre aux principaux sprinters de quitter tôt la France et de se reposer avant la course de Londres 2012.
Pour un coureur solitaire ou un groupe d’échappée, cela est l’occasion rêvée pour s’extraire du peloton et s’offrir une victoire, rare pour un non-sprinter, sur les pavés des Champs Élysées. Cela a été réalisé la dernière fois en 2005, à la suite d’une performance virtuose du Kazakh Alexandre Vinokourov, et ce serait magnifique de voir quelqu’un rééditer l’exploit en 2012.









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