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juil.

#tdf2012 une journée avec l’équipe AG2R


Par Alex Kay

Pendant un Tour de France typique, une voiture d’équipe va couvrir environ 10 000 km, d’étape en étape, puis poursuivant un peloton qui file à travers l’Europe. Lors de la 18ème étape du Tour et ses 222 km, j’ai pris place à bors de la voiture de l’équipe AG2R aux côtés du directeur sportif, Julien Jurdie, et du mécanicien Daniel Cianchetti. Voici ce que j’ai appris ce jour-là :

La « zone neutre » est trépidente

Au départ de chaque étape, le peloton va rouler groupé sur plusieurs kilomètres. Cette « zone neutre » permet aux coureurs de s’échauffer les muscles et de régler tout problème mécanique ayant pu apparaître pendant la nuit. C’est un moment relativement tranquille pour la plupart des coureurs et pour les téléspectateurs, mais pas pour ceux qui se trouvent dans la horde des voitures d’équipes située juste derrière les coureurs.

C’est peut-être mon manque d’expérience qui parle, mais il se passait toujours quelque chose. L’énorme foule alignée dans les rues de Blagnac créait un tunnel bruyant et coloré, et nous avons démarré en trombe de la ligne de départ.

Tout d’un coup, des coureurs qui s’étaient laissés glisser en arrière du peloton en raison d’un problème au départ, ont commencé à sortir de la masse des véhicules devant nous à la recherche de leur propre voiture d’équipe. Notre voiture a semblé éviter de justesse de mettre hors course le champion du monde, Mark Cavendish, alors qu’il se laissait glisser vers l’arrière à la recherche de l’équipe Sky. Deux minutes plus tard, il réapparaissait à quelques dizaines de centimètres de ma vitre, fonçant pour rejoindre le peloton.

La même chose est arrivée avec un grand nombre de coureurs, y compris Chris Horner, de l’équipe Radioshak-Nissan. Le coureur, âgé de quarante ans, a même agrippé l’un de nos rétroviseurs latéraux, et s’est propulsé vers l’avant en utilisant la vitesse de notre voiture. Il est vite devenu évident que les cyclistes et les conducteurs des voitures sont tous assez heureux d’évoluer le long des routes à quelques dizaines de centimètres les uns des autres !

Les directeurs sportifs ne manquent pas de talent

Malgré la présence du mécanicien de l’équipe, Daniel, assis avec moi à l’arrière, c’était Julien qui passait les bouteilles d’eau, ou bidons, par la fenêtre aux cyclistes le long de la route à 60 km/h.

Une de ses mains restait sur le volant, tandis que l’autre proposait une bouteille pour que le coureur, soit se serve, soit l’agrippe jusqu’à se stabiliser à la même vitesse que la voiture.

water break

Le principal avantage de ce système c’est que Julien pouvait transmettre des consignes au sujet de l’étape. Mais le mécanicien pourrait tout aussi bien conduire et laisser Julien faire la distribution depuis le siège passager.

Cela dit, si un coureur avait besoin d’une réparation sur la route, je suis sûr que ce serait Daniel qui passerait par la fenêtre pour réparer un dérailleur arrière ! En plus, Julien conduit avec l’habileté d’un homme qui possède au compteur des milliers de kilomètres de course le long des routes fermées d’Europe.

La voiture break de l’équipe Skoda est poussée aux limites de ses performances. Les pneus crissent alors que nous donnons toute la puissance pour rentrer et sortir au passage de chaque point haut, particulièrement dans les descentes sinueuses. Ensuite, dès que le peloton est ralenti par la montée suivante, on appuie sur les freins, et on s’arrête d’un coup, à quelques centimètres de la voiture de devant.

Les voitures des équipes évoluent à la manière d’un ballet

Il y a deux groupes de voitures d’assistance, et au sein de chaque groupe, se trouve une voiture pour chacune des équipes. L’ordre qu’elles adoptent est le même dans les deux groupes, sur la base du classement d’arrivée de l’équipe lors de la course de l’année précédente. Ces deux groupes, et les voitures au sein d’eux, circulent ensuite entre l’avant et l’arrière (immédiatement derrière le peloton) lorsqu’arrive leur tour de passer aux coureurs leurs bidons ou leurs consignes, avant de glisser à nouveau à l’arrière en attendant leur prochain passage.

Au-dessus, et dominant tout cela, se trouve un système radio opéré par le Directeur de Course, lequel, en dehors de donner des informations sur l’état de la course en différentes langues, va également demander à une voiture d’équipe particulière de se placer devant en raison de la demande d’assistance d’un coureur dont le nom est annoncé. Le résultat est un chaos organisé, alors que les voitures passent sur les deux côtés de la route en se frayant un chemin vers l’avant, sans parler des cyclistes, des gendarmes et des voitures des officiels.

Pas de place pour la timidité en cas de besoin pressant

Un des événements les plus bizarres du jour s’est présenté lorsque les voitures des équipes ont commencé à se garer pour des « arrêts au stand ». Sous les yeux de la foule, tout le monde sort en se bousculant, se précipite sur les bas-côtés, et se soulage. Plusieurs équipes étaient étrangement debout bien en rang, et évoquaient les hommes dans les urinoirs des stades lors d’une rencontre de football. Sauf qu’en l’occurrence, ils se trouvaient au milieu d’un champ de maïs entourés par des familles.

gendarmes

Notre propre « arrêt au stand » a été suivi d’une séquence de conduite dont le compatriote de Julien, Sébastien Loeb serait très fier. Alors que nous foncions pour rattraper le peloton, l’élite des gendarmes français, pilotant leurs superbes motos bleues, nous a gentiment fait un signe en nous doublant. Dans un virage…à 110 km/h !

Les hélicoptères peuvent être incroyablement acrobatiques

Au bout d’une heure environ, un groupe de six hélicoptères a rejoint la course. Ils volaient généralement en formation sur une seule ligne, sur un côté du peloton, offrant probablement à leurs chanceux passagers la meilleure expérience de spectateur possible.

helicopter

Toutefois, alors que l’après-midi avançait, les deux hélicoptères avec des caméras suspendues à leurs cockpits sont devenus de plus en plus acrobatiques. Au moment où le peloton filait à travers de larges étendues de tournesols, les deux hélicoptères pouvaient plonger vers l’action comme deux mouettes affamées les yeux rivés sur le déjeuner d’un touriste.

La France en un flou magnifique

Tandis que je regardais de ma fenêtre les foules enthousiastes sans fin qui bordent les routes, le niveau de beauté de la France m’est clairement apparu. Villages et villes magnifiques, qui pourraient seulement être pleinement appréciés après un séjour d’une bonne semaine, étaient traversés à toute allure en quelques secondes dans un flou de drapeaux, de familles et de fêtes.

Une course à garder en mémoire

Alors que nous nous rapprochions de l’arrivée à Brive, la course est devenue animée pour l’équipe Ag2r. Après n’avoir eu aucun participant dans la première échappée du jour, le leader de l’équipe, Nicolas Roche, a fait une tentative pour aller chercher le succès. Poussé par la transmission remarquablement calme des « allez, allez, Nico » de Julien, le coureur, qui m’avait dit attendre avec plaisir une journée tranquille au milieu des autres, a jailli du peloton avec une poignée d’autres coureurs de premier plan.

Nicolas Roche

Nicolas menait sur les derniers kilomètres, nous suivions tous son parcours penchés autour de la télévision montée sur le tableau de bord (Julien conduisait maintenant avec les oreilles !).

Mais brutalement, le Missile de l’île de Man, Mark Cavendish, est sortide nulle part (exactement comme il l’avait fait plus tôt dans la zone neutre !), plongeant à la droite de Nicolas alors qu’il ne restait plus que 500 m à parcourir. Le champion du monde a passé la ligne d’arrivée comme une fusée, avec trois autres sprinters à ses trousses. Ils ont pris les quatre premières places et ont laissé à Nicolas une estimable cinquième place à l’arrivée.

Tranquille comme à son habitude, Julien est immédiatement intervenu sur la radio liée à l’oreillette du vaillant Irlandais, et a résumé l’étape : « bien, Nico, bien. »

alexkay +

sports writer for Orange sport UK


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