Les gradins étaient pleins à craquer, le public au rendez-vous pour assister à ce match qui allait s’avérer palpitant et plein de rebondissements à l’instar des petites balles jaune fluo. C’est Roland Garros, cela se passe à Paris, donc forcément, la majorité du public composé de Français affichait un patriotisme enthousiaste pour soutenir l’un de ses sportifs. Qui plus est, il est arrivé en ¼ de finale, exploit inédit sur ce tournoi pour le jeune frenchie de 27 ans.
Du début à la fin, le public a scandé des « allez Tsonga » en alternance avec des « Tsonga – clap – clap-clap ; Tsonga – clap – clap-clap » ou encore des « allez Jooooo ». Cette liesse générale a donné des ailes au champion qui a réussi à déstabiliser le meilleur joueur mondial actuel. Tsonga a ainsi dégainé son meilleur jeu pour nous offrir des échanges au top niveau, au niveau de Djovovic, preuve qu’il pouvait gagner. Une pluie d’aces, des tirs de balles à plus de 200 km/h, des échanges sans relâche, des revers puissants…mais Djoko, tel une machine, réussissait à renvoyer quasiment toutes les balles, même les plus improblables. Il ne laissait que de rares occasions à Tsonga pour monter au filet et repoussait son adversaire en fond de court là où il pouvait lui placer ses plus gros boulets de canon.
Malgré la rage de vaincre du Français emporté par la foule, malgré les 2 sets remportés, malgré les 4 balles de match qui lui ont permis d’effleurer les portes de la demi-finale, Jo-Wilfried Tsonga n’a pas transformé l’essai et s’est incliné face à un Djokovic plein d’ardeur renouvelée au 5e set qu’il a plié.
Résultat du match : 6-1 / 5-7 / 5-7 / 7-6 / 6-1
Une défaite qu’il doit digérer avec une certaine amertume et du regret car il y était presque. Djokovic lui-même, grand champion au fair-play qu’il faut saluer, a confirmé après sa victoire qu’il avait partagé là son meilleur match et que Tsonga aurait mérité sa victoire s’il était allé au bout. Mais comme Cédric Pioline le lui a dit à la fin de son interview sur le court, ce match a célébré deux vainqueurs. Car Tsonga s’est battu de toutes ses forces, il s’est dépassé, il est allé chercher le leader pour lui prouver qu’il était à son niveau et que numéro un ou pas, il a eu très chaud ! Il nous a fait vibrer pendant 4 heures malgré la pluie et le froid et nous a permis de vivre un grand moment de tennis. Le public l’a ainsi acclamé à sa sortie, lui si déçu de ne pas nous avoir offert sa victoire, le remerciant de ce beau de moment de sport. Un moment que l’on doit aussi à Novak Djokovic qui a affronté hier non seulement un adversaire à sa taille survolté par la volonté de vaincre, mais aussi le public tout entier du court Philippe Chatrier. Il n’a pas montré un seul signe d’agacement alors que le public acclamait toutes ses fautes, ni faibli sous les huées injustifiées qu’il a essuyées alors que l’arbitre sifflait une faute de Tsonga donnant de ce fait le point au Serbe.
Le tennis est décidément bien un sport de mousquetaires où le respect de l’autre, le fair-play et la beauté du jeu réussissent encore à l’emporter sur la simple volonté de battre l’adversaire. Une belle leçon de sport qui explique aussi pourquoi Roland Garros est un événement sportif majeur des plus attendus dans le monde et nous sommes fiers d’en être partenaires.







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