« We are crucial thinkers and actors » a déclaré Véronique Morali en guise de conclusion de l’introduction et d’ouverture des 3 jours de conférences du Women’s Forum 2012. J’ai eu mes premiers frissons d’émotion à ce moment-là.
Car ce sont des messages forts qui s’en sont suivis tout le reste de l’après-midi, des messages parfois durs, des réalités difficiles à imaginer, des situations dramatiques exposées, des changements nécessaires à appliquer pour avancer, évoluer, et pourquoi pas construire un monde meilleur.
L’un de ces messages était porté par deux femmes hors du commun, de celles qui changent le monde pour de vrai, qui se mobilisent jour après jour pour que leur idéal se concrétise, incapables de rester immobiles, toujours dans l’action. Je parle de Shirin Ebadi et Leymah Gbowee, toutes deux lauréates du Prix Nobel de la Paix respectivement en 2003 et 2011. Contrairement au programme annoncé sur la papier, Najat Vallaud-Belkacem n’était pas présente. Mais face à deux Prix Nobel, elle aurait peut-être eu du mal à trouver sa place. Car l’une lutte sans relâche pour défendre le droit des femmes notamment dans des pays où l’obscurantisme religieux règne, quand l’autre a réussi à obtenir la fin de la guerre civile au Libéria grâce à un mouvement de paix porté par des femmes et qui a permis l’élection d’une Présidente – une première en Afrique. Rien que ça !
J’ai été impressionnée de voir ces deux femmes qui sont déjà entrées dans l’Histoire.
Shirin Ebadi a pris la parole en premier pour revenir sur le Printemps Arabe car pour elle, point de Printemps : « on parle de printemps quand les femmes obtiennent les mêmes droits que les hommes. Malheureusement, les femmes n’ont pas obtenu l’égalité des droits dans les pays arabes ». Mais elles se battent, au quotidien, contre les gouvernements islamistes pour obtenir l’égalité. Que doit-on faire pour aider ces femmes ? « L’éducation est la seule voie vers la libération », c’est le slogan de Shirin Ebadi qu’elle n’aura de cesse de nous répéter. L’accès au Savoir est la clé de la démocratie et de la liberté de l’être humain. Cela me paraît tellement évident que je ne peux qu’imaginer la frustration qu’elle doit ressentir à devoir sans cesse le répéter et lutter, que dis-je, risquer sa vie pour que cette évidence soit un jour partagée partout et par tous. Car les gouvernements ne sont pas les seuls responsables, les familles aussi doivent permettre à leurs filles d’aller à l’école et faire des études. Leymah Gbowee confirme que l’éducation est un enjeu majeur, l’éducation scolaire bien sûr mais aussi sexuelle. Car les Africaines n’ont pas accès au planning familial, elles ne sont pas éduquées sur les questions liées à la sexualité, elles n’ont pas accès à la contraception, or c’est essentiel pour leur liberté, leur indépendance et les questions de pauvreté. Shirin Ebadi rebondit sur ce sujet tabou dans de nombreux pays et elle dénonce la culture patriarcale qui domine les femmes et ne les voit que comme « un outil, un moyen de procréer ». Elle met ainsi en lumière l’indécence de l’âge légal du mariage pour une fille en Iran qui est fixé à 13 ans « une loi permettant à une fille de 13 ans de se marier et d’avoir des enfants est ridicule ». En effet, quand on pense à sa nièce, sa fille ou même sa petite voisine de palier, ça fait froid dans le dos.
C’est donc la politique d’éducation des filles dans son ensemble qu’il faut améliorer, « il faut œuvrer pour toutes les femmes, ne pas se limiter à sa région car l’échec pour une femme est l’échec pour toutes les femmes ! » assène Shirin Ebadi. Elle nous enjoint alors à nous mobiliser, à aller plus loin que la participation à cette conférence et à nous engager dans cette lutte. Pour ma part, message reçu.
la génération Y en entreprise
C’est un message moins rude mais tout aussi philosophique et social que nous a proposé le corner Mazars avec sa session « Y up your company » qui confrontait amicalement le point de vue d’une représentante de la génération Y et celui d’une représentante de l’ancienne génération.
Via une série de questions/réponses dynamiques, elles nous ont permis d’en savoir plus sur cette génération Y grâce à une étude réalisée par Mazars l’été dernier :
- Pour la génération Y, la parité est un problème, ce qui est surprenant et peut paraître comme une mauvaise nouvelle puisqu’on s’attend à ce que cette génération ait réglé ce problème. Mais la bonne nouvelle est que cette génération est prête à travailler sur le problème pour trouver des solutions.
- La génération Y recherche le juste équilibre entre vie perso et vie pro et ce, dans les 64 pays interrogés dans l’étude. La génération Y ne pense pas qu’il faille dédier sa vie qu’à son travail mais avoir aussi du temps pour ses enfants, pour son amoureux, pour ses passions.
- La génération Y veut être indépendante financièrement, elle n’est pas une génération de fainéants mais elle veut aussi profiter de la vie et des bonheurs qu’elle peut apporter. L’entreprise doit donc lui permettre de s’exprimer et de s’épanouir au travail.
- La génération Y est flexible. Elle accepte d’avoir des horaires flexibles et de travailler parfois tard le soir ou le week-end mais en contrepartie d’autres moments où elle va pouvoir bénéficier de cette flexibilité à son avantage. Et l’essentiel ne sont pas les heures d’arrivée ou de départ mais que le travail soit fait.
- Les qualités essentielles d’une personne pour la génération Y sont les qualités humaines. Contrairement aux idées reçues, la génération Y n’est pas égoïste, elle est avide d’échanges et très douée pour le networking.
Mais la génération Y sait qu’elle ne peut pas apprendre sans la génération précédente, elles doivent donc toutes les deux travailler main dans la main. L’enjeu pour les entreprises est de prendre en compte les besoins de cette génération et de revoir ses méthodes de management qui ne fonctionnent pas avec elle. Cela implique plus d’ouverture d’esprit et du dialogue. Le changement des mentalités passe par des sessions de formations, des explications, des exemples, qui montrent comment les stéréotypes, souvent inconscients, empêchent de se comprendre. Et de l’entreprise de se poser la question essentielle : mon collaborateur est-il heureux de travailler avec moi ?
how to embed social media in your business
Le corner Orange a accueilli Delphine Remy-Boutang et Tiffany St James, deux spécialistes des médias sociaux. Le but de cette session était de permettre aux participants de trouver les outils adaptés à leur stratégie de communication où les médias sociaux font désormais partie intégrante d’une stratégie globale pour une marque ou une personne. Comme l’a dit Delphine Remy-Boutang « vous devez être une entreprise sociale sinon je ne sais pas où vous serez dans cinq ans ! ». Mais elles ont rappelé que l’objectif n’était pas d’accumuler des millions de fans ou de followers, mais de réussir à engager sa communauté, à discuter avec elle, à partager, et à marquer sa présence sur chaque réseau social de manière particulière.
En exclu pour le live Orange blog, elles nous offrent un résumé de cette session dans la vidéo ci-dessous, en anglais of course ;)
Delphine Remy-Boutang & Tiffany St James : how… par liveorange
Une première journée riche en émotions, qui donne envie de s’engager, de réfléchir, d’être acteur, moteur, actif et toujours avec le sourire
Retrouvez les impressions de Jessica Gauzi et de Raphaëlle Laubie sur cette première journée, elles ont elles aussi plein de choses à vous raconter !
A plus tard pour la suite…





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